The Soft White Sixties sorte The océan Way et l’excellent single Miss Beverly
Y’a des singles qui te préviennent poliment qu’ils vont être bons, et y’a des singles qui te sautent à la gorge dès la première seconde. « Miss Beverly » appartient clairement à la deuxième catégorie. L’intro pose direct son décor : du clapping sec, un groove qui grimpe direct vers les sommets de l’échelle James Brown, tu sais, cette échelle invisible où en dessous de 7 c’est sympa et au-dessus de 9 c’est un crime contre l’immobilité. Là, on est large au-dessus de 9. Dès les dix premières secondes, tu sais que le morceau va bien se dérouler, et le reste du titre ne fait que confirmer la promesse.
« Miss Beverly » t’embarque ensuite sur un rythme rapide, ultra efficace, qui lorgne clairement du côté de Jack White période garage ou des Alabama Shakes quand elles décident de foutre le feu à une salle. La voix d’Octavio Genera fait le reste du boulot : ce voile particulier, ce grain légèrement éraillé, apporte un côté blues / rock qui empêche le morceau de sombrer dans le pastiche soul propre sur lui. C’est du groove avec de la sueur dessus, et c’est exactement ce qu’on demande à ce genre de titre.
Le résultat, c’est un whisky sec mais ultra gouleyant. Une boisson rock and roll, de celles qu’on a envie de reprendre encore et encore parce qu’elle ne fatigue jamais le palais. Trois minutes qui ne traînent pas, qui ne s’excusent de rien, et qui repartent direct pour un tour dès que ça s’arrête.
Le groupe, quatuor de San Francisco emmené par Octavio Genera à la voix, n’a pas sorti d’album dans la foulée immédiate — ça fait plusieurs années qu’ils tournent un peu partout, entre la Bay Area et ailleurs, à construire leur son loin des studios trop léchés. Leurs influences revendiquées vont de James Brown à Willie Nelson en passant par les Beatles, T. Rex, les Stones et le punk du début des seventies : un patchwork qui explique pourquoi The Soft White Sixties refusent de se laisser enfermer dans une case unique. On les a étiquetés « Working Class Soul », et l’étiquette leur va plutôt bien — de la soul sans paillettes, faite pour être jouée live, souvent enregistrée en configuration groupe dans la même pièce plutôt qu’en couches Pro Tools stérilisées.
Et ça s’entend. Leur son a clairement gagné en puissance avec les années de route. Tu sens que « Miss Beverly » n’est pas un essai jeté en pâture pour tester le marché, mais la synthèse logique d’un groupe qui a passé du temps sur scène à roder ses réflexes. Tout est efficace, tout est rock, rien ne traîne en longueur. D’autres appelleraient ça « léché » , moi je préfère dire que c’est juste un putain de bon son, sans fioriture inutile.
Bref, si t’as jamais croisé The Soft White Sixties, « Miss Beverly » est une porte d’entrée idéale : ça groove, ça mord, et ça donne clairement envie d’aller fouiller le reste de leur discographie.
C’est donc extrait de leur ep The Ocean Way EP. Tu peux l’écouter partout, il le vaut bien.
Et pour terminer le site qui va bien si tu veux avoir plus d’information
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