Oscars 2025 : Sean Baker met Hollywood à genoux et Anora rafle tout

Oscars 2025 : Sean Baker met Hollywood à genoux et Anora rafle tout

Hollywood a encore sorti les paillettes, les discours sur la diversité et les robes à plusieurs millions de dollars pour la 97ᵉ cérémonie des Oscars. Sauf que cette fois, ce n’est pas un biopic de trois heures sur un politicien oublié qui a tout raflé, mais Anora, le dernier film de Sean Baker. Un film brut, frontal, qui prouve que le cinéma indé a encore des dents bien acérées.

Sean Baker, roi de la soirée et du cinéma indépendant

Il avait déjà mis un bon coup de pied dans la fourmilière avec The Florida Project et Red Rocket, et il a confirmé hier soir : Sean Baker est désormais un poids lourd d’Hollywood, que ça plaise ou non. Son film Anora, qui raconte l’histoire d’une jeune strip-teaseuse russe embarquée dans une relation explosive avec le fils d’un oligarque, a raflé cinq Oscars, dont les trois plus prestigieux : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur et Meilleure Actrice.

Baker, fidèle à lui-même, a lâché un discours engagé, critiquant les studios et plaidant pour un cinéma libre, sincère, et accessible en salle, pas seulement sur un écran d’iPhone entre deux épisodes de télé-réalité. Il a aussi eu un mot pour les travailleuses du sexe, thème central d’Anora, affirmant que « le cinéma doit raconter les vraies histoires des vraies gens, pas juste celles qui plaisent aux puissants ». BOOM.

Mikey Madison : de « jeune espoir » à reine de la soirée

À seulement 25 ans, Mikey Madison a volé la vedette aux grandes actrices confirmées comme Emma Stone et Demi Moore. Dans Anora, elle livre une performance dingue, entre rage, tendresse et chaos, qui lui a valu l’Oscar de la Meilleure Actrice.

Sur scène, elle était visiblement émue (et un peu dépassée par la situation), remerciant Sean Baker de lui avoir offert un rôle aussi puissant et… saluant « toutes les femmes qui se battent pour leur liberté ». Clairement, ce n’est pas le genre de discours policé que les Oscars aiment d’habitude, mais ça a résonné.

Adrien Brody en mode comeback

Il y a 22 ans, Adrien Brody choquait tout le monde en devenant le plus jeune acteur à remporter un Oscar pour Le Pianiste. Depuis ? Il a enchaîné les seconds rôles et les films inégaux. Mais hier soir, il a prouvé qu’il était toujours dans le game en remportant l’Oscar du Meilleur Acteur pour The Brutalist, un drame intense sur un architecte hongrois exilé aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale.

Brody, charismatique et humble, a livré un discours simple, sans esbroufe, rendant hommage aux cinéastes qui continuent de prendre des risques. Classe et efficace.

Emilia Pérez : le favori qui repart bredouille

On s’attendait à un raz-de-marée, mais finalement, Emilia Pérez de Jacques Audiard n’a décroché que deux Oscars malgré 13 nominations. La comédie musicale hispano-française sur un narcotrafiquant qui change de genre a été saluée par la critique, mais a été snobée dans les catégories majeures.

Seules Zoe Saldaña (Meilleure Actrice dans un Second Rôle) et Camille & Clément Ducol (Meilleure Chanson Originale pour « El Mal », bravo camille) ont réussi à sauver les meubles.

Conan O’Brien en mode sniper

Après des années d’animateurs consensuels, l’Académie a misé sur Conan O’Brien, et ça valait le détour. Avec son humour tranchant et son sens du timing parfait, il a enchaîné les vannes bien senties, notamment sur les absents de la soirée (« Tom Cruise ne voulait pas être là, ou alors il a été coupé en post-prod ») et sur la durée de la cérémonie (« On en est à trois heures, donc il reste 45 minutes avant que Martin Scorsese reçoive son prix »).

Un show à l’ancienne, sans fausse bienveillance, et franchement, ça faisait du bien.

Et le reste du palmarès ?

  • Meilleur Film International : La Chimera d’Alice Rohrwacher, une belle victoire pour le cinéma italien.
  • Meilleur Film d’Animation : Le Garçon et le Héron de Hayao Miyazaki, parce que le maître japonais ne se loupe jamais.
  • Meilleur Scénario Original : Poor Things, pour le génie surréaliste de Yórgos Lánthimos.
  • Meilleur Scénario Adapté : Oppenheimer, histoire de rappeler que Nolan existe toujours (même s’il est reparti bredouille ailleurs).

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