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Chroniques à brac par

S’étourdir…

mercredi 9 mai 2012 - Commentaire : 1

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Une pâquerette au bec, la tête dans la luzerne, s’étourdir de soleil…

Là bas au bord de l’eau, des filles s’amusent sous le grand saule. Leurs rires s’accrochent aux branches  avant que le vent les emporte se cogner aux nuages. Insensible à leurs chatouilles, l’arbre frémit à peine, trop occupé qu’il est à les couvrir de pleurs. Sur son tronc il a tant de cicatrices, moi-même je l’ai balafré. C’était un soir de pleine lune, entre spleen & idéal, j’avais sorti mon canif pour graver des initiales au milieu d’un coeur, comme tous les gamins amoureux. Un amour de jeunesse, un premier amour, celui dont on se dit qu’il va durer toujours, j’aurais pu le crier sur les toits, j’ai préféré me taire, gribouiller mes livres & mes cahiers des initiales de celle qui faisait battre mon coeur et puis venir pleurnicher sous ce vieil arbre… comme tant d’autres. Aujourd’hui, je ne suis plus un gamin !

A l’écart, je me laisse caresser par les herbes folles, leurs confidences glissent jusqu’à moi, je fais semblant d’être sourd… comme je ferai semblant d’être aveugle si par chance, elles décidaient d’aller se baigner dans l’eau claire de la rivière. Elle papotent, piaillent, médisent. Elles parlent des garçons qui les courtisent & des filles qu’elles jalousent, de la fête de samedi prochain & des devoirs à rendre pour lundi, de leurs parents qui sont trop chiants & de la liberté qu’elles raviront quand elles quitteront leur nid… Elles ne parlent pas de moi…

L’après-midi s’est écoulé sans baignade. Le rossignol n’a pas chanté. Elles se sont séparées quand les cloches du village entonnèrent l’angélus. Leur conversation s’est mue en murmure bientôt couvert par les pleurs du grand saule. Je retournais à mes rêveries silencieuses quand une ombre se posa sur mes paupières rouges de soleil :

“- Salut, fit ma belle en contre-jour.

– Salut…

– Tu veux me raccompagner chez moi ?

– Non… c’que j’veux, c’est glisser ma main entre tes cuisses, mordiller tes seins & griffer tes fesses !

– …

– C’est en général à ce moment là, que les jeunes filles prudes & bien élevées prennent leurs jambes à leur cou pour s’éloigner des mauvais garçons dans mon genre !

– Ah ?!

– Eh bien qu’est-ce que t’attends ?

–  J’allais te poser la même question !”

Un sourire au bec, le cul dans la luzerne, s’étourdir au soleil… s’étourdir toujours…

 

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