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3 Questions à DEER

mardi 17 novembre 2015 - Commentaire : 0

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J’aime les artistes qui ont un univers. Comme DEER. Chanteur, musicien, passionné, un peu fou. On s’est tout de suite bien entendu et au fil de nos discussions, l’idée d’un portrait s’est imposée comme une évidence. Mais DEER ne s’est pas contenté d’accepter mon interview, il m’a proposé d’enregistrer un live session original. Rendez-vous est pris ce samedi 10 octobre au Phono Museum de Paris où DEER et son sideman Brislee Adams ont joué deux titres rien que pour moi, rien que pour vous. J’en publie un premier dans ce portrait, je garde le deuxième pour une autre fois.

3 Questions à DEER
Jalal Aro (fondateur et gérant du PHONO MUSEUM), DEER et Brislee Adams

LES TROIS QUESTIONS

L’INTERVIEW

Hank : Es-tu un comédien qui fait de la musique ou un musicien qui joue la comédie?
DEER : je suis un musicien qui est aussi comédien. C’est l’état d’esprit dans lequel je suis en ce moment. Mon métier de comédien nourrit mon interprétation. J’ai choisi depuis un an et demi de développer à fond la musique, mais je prends toujours autant de plaisir à jouer la comédie. C’est ce qui est plutôt cool pour moi. De jongler entre les deux. Jongler c’est un peu vulgaire, j’essaye de me servir autant de l’une que de l’autre. Ce sont mes deux grandes passions et j’ai pas envie d’en délaisser l’une ou l’autre bien qu’en cet instant précis, c’est un musicien qui te parle.

Hank: La musique et le cinéma sont des milieux difficiles, y en a-t-il un qui soit plus difficile que l’autre?
DEER : il y en a un qui m’ouvre plus de portes que l’autre. On m’a plus tendu la main dans le milieu de la musique que dans le cinéma. J’en suis pas blessé mais c’est pour ça que j’ai un élan vers la musique qui est très fort. L’un ou l’autre sont aussi durs, cela dépend de l’intérêt qu’on y met et de la passion avec lequel on mène ses projets.

Hank : Peux-tu nous parler de ton parcours musical ?
DEER : Mon premier contact avec la musique, je le dois à mon arrière grand-mère qui était pianiste classique et à ma grand-mère qui avait des disques du Glenn Miller Orchestra. C’est grâce à ces disques que j’ai découvert le Jazz. Mon grand-père était accordéoniste, harmoniciste et organiste. C’est lui qui m’a fait essayer tous les instruments et qui m’a donné goût à l’interprétation. Ensuite, j’ai appris le Sax à sept ans après avoir écouté un live de Duke Ellington. Puis le piano, parce que j’ai écouté Teddy Wilson, l’accompagnateur de Billie Holliday. Le cinéma me nourrit énormément, la musique des films m’a toujours accompagné dans ce que je fais. Mon écriture est très cinématographique. D’ailleurs si je me suis mis à la guitare, puis ensuite à la mandoline folk, c’est grâce à Eddie Vedder qui en joue sur “Rise”, la musique originale de Into The Wild. J’ai appris à jouer des instruments pour suivre mes envies et mes plaisirs, mais je ne suis pas un expert. Je compose avec ces instruments, c’est la curiosité qui m’a amené à en jouer. C’est ça mon parcours musical. Que de la curiosité.

Hank : Que signifie DEER ?
DEER : Cela vient de plusieurs choses. Tout d’abord, j’ai grandi dans la nature, c’est vraiment LA raison. Je viens du sud de la France et j’ai passé mon enfance entre le Pic Saint Loup, où habitait mon père, et la Camargue, ou vivait ma mère. La Camargue c’est un peu mon western à moi, j’ai toujours vu des fusils, des tableaux, des trophées de chasse. Et à 18 ans, je vois Princesse Mononoké de Myazaki à la fin duquel on a un grand dieu singe-cerf. Ce film m’a marqué avec son message écolo qu’on retrouve dans un de mes titres, “The Herd”. Pour le nom du groupe, je voulais un nom d’animal, j’avais même imaginé pour la blague THE WALKING DEERS (rires), comme Walking Dead. Je choisis DEER et deux mois après je m’intéresse aux signes du totem amérindien et je me rends compte que mon signe astrologique (gémeaux) correspond au cerf. Et cela m’a conforté dans mon choix. Car le cerf est un messager, c’est un symbole annonciateur de bon présage. Arrivé à la trentaine j’avais envie de renouveau et j’ai choisi le cerf comme un symbole de bon présage. J’avais besoin de me faire du bien et de commencer une nouvelle aventure.

Hank: Comment est-ce que tu composes, comment les chansons s’écrivent?
DEER : Quand je suis sous le coup d’une émotion ou d’un truc qui s’est passé dans ma journée, je la laisse venir à moi, j’essaye de la retrouver. Je prends mon instrument pour composer le truc. Deux ou trois notes pour broder en étant le plus proche de l’émotion. Cela peut être une ligne mélodique ou une série d’accords. Ou des fois, je suis dans la rue, j’ai mon mémo, j’ai un truc qui me vient. Mais pas parce que je l’ai décidé, c’est juste venu à moi. Alors je prends mon mémo et j’enregistre une ligne. Ou j’entends une ligne de cuivres, ou de violoncelle et je la chante comme ça. C’est que des évocations qui viennent à moi. Je force rien. Ensuite, je commence à installer des paroles juste derrière. Mais je fais ça vraiment petit à petit. Je ne me pose pas le cul en me disant “allez, on va composer”.

Hank : Est-ce que le line-up de DEER est arrêté, on dirait qu’il y a de nouveaux musiciens à chaque concert ?
DEER : C’est une sorte de Work in progress permanent. J’essaye beaucoup de chose et j’invite les gens à partager une date ou une autre. Mais il y a un groupe fondateur de cinq personnes. Deux guitares Brislee Adams et moi, la contrebasse de Yoann Godefroy, la batterie et les percussions de Axel Hache et le violoncelle de Marion Elan Trigo. Tout le monde chante et participe aux choeurs. C’est vraiment la base. On a aussi une section cuivre avec Soheil Tabrizi Zadeh et Thibaut Mortegoute qui fait partie de notre line-up à sept. On peut aussi adopter une formation à trois musiciens. On s’adapte.

Hank : Quelle est la configuration de line-up que tu préfères?
DEER : La configuration à cinq est la plus pratique mais c’est pas toujours évident en fonction des lieux. Il y a beaucoup de lieux qui préfèrent à trois parce que ils ont moins peur des temps de balance. Mais je persiste et signe à cinq parce que c’est comme ça que j’aime jouer. La version à sept c’est si les gens sont prêts à avoir ça dans leur lieu. Les producteurs font la gueule parce qu’il faut payer tout le monde, mais j’en ai pas peur non plus. Et quand les gens voient le show, ils sont rassurés.

Hank : Comment choisis tu les chansons que tu interprètes à la guitare ou avec un autre instrument ?
DEER : J’aime sélectionner les chansons où je joue, quand je me sens à l’aise, qu’il n’y a aucun problème, où j’ai vraiment décidé de jouer. Je remets tout le temps en question, selon l’humeur, sur une date, je vais sentir moins la guitare, donc on va changer des trucs, ça se mue tout le temps.

Hank : Tu viens de donner un show à la Dame de Canton, qu’en as tu pensé ?
DEER : j’ai adoré, c’était une première expérience à sept et j’étais hyper fier de ma section cuivre parce que c’est pas facile de les embarquer comme ça sur 4 ou 5 répet au taquet, retoucher les partitions, c’est pas très confortable. Et l’accueil que les autres musiciens leur ont fait. On a partagé un truc unique et pas du tout anecdotique. Je suis hyper fier de mes musiciens car ils m’aident énormément à acheminer toutes mes aspirations. Ils dessinent tous mes rêves que je cogite depuis deux ans…

Hank : Tu as annoncé la sortie d’un EP, tu peux nous en dire plus sur ce projet ?
DEER : J’avais 15 chansons et on n’en mettra que 4, j’ai fait une sélection avec Alex Finkin. Pour la plupart c’est des chansons courtes à part la dernière qui est autour de 6 minutes. Les autres sont entre 3 et 5 minutes. Enregistrement, production, mastering, on a tout fini grâce à Alex Finkin qui m’a ouvert les portes de son studio, le Minimal Studio. Et Hervé Benhamou aussi. Tout est fait.

Hank : Vous avez enregistré live ou séquencé?
DEER : On a tout séquencé, et comme j’ai insisté pour payer tout le monde, ça a pris beaucoup de temps et on a eu un autre enregistrement au studio Ferbert, là on était en orchestre, çà a pris du temps mais tout est fait. On est très fiers du résultat final et il me tarde de le sortir.

Hank : Tu as récemment dévoilé ton premier video clip, Old Moon. Pourquoi as-tu cette chanson en particulier ?
DEER : C’est la chanson qui m’a permis de faire le saut du Jazz vers la Folk. C’est le point de départ musical de ma transition vers la Folk. C’est un hommage à la lune qui dans beaucoup de traditions gitanes est un symbole très fort. J’ai revisité le mythe de Pierrot et la Lune qui me tient particulièrement à coeur. Enfin, Old Moon sera sur l’EP et j’avais envie de mettre en image les titres de l’EP.

Hank: Aujourd’hui tu t’autoproduis, mais as-tu envie de rester indépendant par la suite?
DEER : L’indépendance, d’un point de vue artistique c’est confortable parce que je fais vraiment les choix dont j’ai envie, tout ce qui me passe par la tête je le mets en place. Je fais ce que je veux. Après, évidemment que j’ai envie d’être aidé par quelqu’un qui serait en symbiose avec mes choix artistiques. J’ai déjà des idées de labels à contacter. On a envoyé les EP en presse et dès que je les aurai, je démarcherai des labels qui me plaisent, qui travaillent main dans la main avec leurs artistes et qui prennent des risques aussi. Je ne fais pas de la musique pour être dans une mouvance. Je fais la musique que j’aime que je veux développer. Le choix du label va être très important et j’espère que je rencontrerai des gens qui aiment la musique que j’écris et qui sauront partager ça avec moi.
On a aussi envie de rencontrer un tourneur. C’est même la priorité, parce qu’on veut jouer. Un tourneur, c’est aller sur les routes, faire entendre notre musique au plus grand nombre.

Hank : Tu travailles avec une équipe de trente personnes, c’est beaucoup non?
DEER : Toutes les personnes qui travaillent au projet sont une trentaine, ça va des graphistes comme Jo Riou qui a fait l’affiche de la dame de Canton et avec qui je pense continuer à travailler,  Marine Debenay qui a fait le site internet, les visuels, le logo. On a un scénographe qui s’appelle Axel Fages qui nous a créé des supports de guitare en cornes de cerf. On a des partenaires qui nous filent des fringues, on a des gens qui nous prêtent des salles de répet. Je n’oublie personne. DEER c’est moi, mais je n’oublie pas les gens qui travaillent autour de moi et me donnent gracieusement de leur temps. Tout le monde met la main à la pâte. C’est une communauté. C’est pour ça que je fais des remerciements super longs en fin de concert, parce que j’y tiens vraiment.

Hank : Pourquoi c’est important d’avoir un site internet dédié et pas se contenter d’une page facebook?
DEER : On a envie de traverser ce projet pour le plus grand nombre en rendant totalement accessible mon univers, j’ai envie d’inviter les gens sur les clips, les actu, les making off. On a un blog, une newsletter qui permet aux gens d’être au plus proche de notre actualité et de ne rien manquer. C’est pour rendre accessible mon projet. Si quelqu’un s’y intéresse, qu’il trouve tout, tout de suite, et même les professionnels parce qu’on a une page pro avec le dossier de presse, la fiche technique. Faire un  site aujourd’hui c’est dire haut et fort qu’on est là. Le site internet de DEER.

LE LIVE SESSION de DEER

 

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