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WHISKY OR NOT WHISKY #26 / NINE INCH NAILS

samedi 23 juin 2018 - Commentaire : 0

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Vers la fin du mois de Mai, Trent Reznor et Atticus Ross ont dévoilé God Break Down The Door, extrait de Bad Witch. La sortie du dernier EP de Nine Inch Nails vient conclure une trilogie dont font partie Not The Actual Event (2016) et Add Violence (2017). A l’ambiance brute et saturée, ce nouvel opus marque un retour expérimental aux sources primitives du groupe. Verdict d’un Whisky sec qui laisse une gueule de bois…

Considéré comme étant un “album”, Bad Witch est une véritable perle de rébellion à de multiples niveaux. Nous parlons notamment d’un vrai geste de révolte dans le milieu de la musique de par le format choisi. En transcendant des genres hybrides, le groupe NIN nous offre ici une expérience musicale d’une trentaine de minutes sans précédent. Loin des LP standardisés et classiques, ce nouvel “essai” nous transporte d’une atmosphère à l’autre à travers les méandres du cerveau de Trent Reznor. Nous pouvons même affirmer que le Metal industriel a rarement su bouger ses limites tel qu’il le fait avec conviction dans Bad Witch. 

Ainsi, le disque commence avec Shit Mirror, véritable morceau dans lequel Reznor nous vomit toute sa rage face à notre système capitaliste. Shit Mirror, c’est tout simplement le reflet de “merde” que notre monde nous renvoie : une société du paraître déshumanisée et froidement métallique. Proche d’un excellent titre de Hard Rock, Shit Mirror nous invite également à un véritable retour au Metal rugueux et abrupt. Le son est proche d’une saturation exacerbée, à l’image de notre société schizophrénique.

Puis, Ahead Of Ourselves nous fait alors basculer vers une ambiance plus “électro” et empreinte de nombreux breakbeats. Là aussi, les cuts sont dissonants et brutaux. La piste est bourdonnante et laisse la part belle à de nombreux hochets. Vient ensuite Play The Goddamned Part, l’un des deux morceaux purement instrumental de Bad Witch. On note que Trent Reznor y utilise le klaxon pour diffuser un long effet hypnotique. Tout comme sur I’m Not From This World, Reznor nous propose également sur cette track de longues nappes de saxophone qui nous accompagnent dans un vrai voyage musical.

A mon sens, I’m Not From This World est justement le moment de bravoure de cet EP. Dans un style à la Pink Floyd, il s’agit là d’une longue expérimentation musicale au genre indéfinissable. Sans texte, mais aux strates sonores multiples.

En fin de compte, le morceau le plus “faible” de Bad Witch est certainement le premier extrait qui a été diffusé sur YouTube, God Break Down The Door. Bien qu’on y sente l’influence non négligeable de David Bowie, le titre nous fait l’effet d’un vieux morceau de Drum’n’Bass des années 90. Comprenez : l’auditeur a la sensation d’écouter un vieux titre d’Underworld parfaitement démodé.

Ce “mini-album”, en qualité de très bon work-in-progress, se termine sur le morceau Over and Out. Plus calme, cette chanson laisse transparaître l’influence du groupe LCD SoundSystem. Elle fait notamment la part belle au chant enraillé du chanteur et pilier du band (“Time is running out/ I don’t know what I’m waiting for…”).

Obscur, étrange, dérangeant, mécanique, anxiogène… Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier Bad Witch. Depuis maintenant deux ans, Trent Reznor et Atticus Ross ont abandonné le format classique des albums pour distiller leur production au compte-goutte. Cette production passe par la forme courte du EP, ce qui est gage d’une qualité certaine dans la rareté de diffusion. Innovantes et diversifiées, les six compositions de cet opus sont métalliques et modernes. L’ensemble, quant à lui, brise les convenances et les codes de la culture “Rock” mainstream. Dans Bad Witch, Nine Inch Nails nous transporte au delà des frontières de l’expérimentation sonore et de l’exploration textuelle. Plus que jamais, le groupe nous invite à renverser l’ordre établi d’un monde robotique et industriel.

J.M

Bad Witch de NIN (sortie le 22 Juin)

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