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WHISKY OR NOT WHISKY #48 / LE BUREAU DES LÉGENDES (SANS SPOILERS)

vendredi 17 avril 2020 - Commentaire : 0

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Créé par Eric Rochant, Le Bureau des Légendes est revenu pour une cinquième saison depuis le début du mois d’Avril. Distillée au compte-goutte, la série produite par Canal + reste à la pointe de ce qui peut être proposé dans le paysage audiovisuel francophone. Technique et détaillé, le scénario est d’une crédibilité rarissime dans le genre de l’espionnage, faisant de ce Whisky l’une des meilleures sagas des années 2010.

En cette période de confinement, où nous nous abreuvons goulument de contenus dans tous les styles artistiques, Canal + a eu une riche idée. Plutôt que de sortir toute une cinquième saison en une seule fois, la chaine cryptée a opté pour l’option “deux épisodes par semaine”.

C’est effectivement une riche idée, dans le sens où cette stratégie va a l’encontre des orgies que nous pouvons rencontrer sur d’autres plateformes de streaming (type Netflix). Cela permet – entre autre – d’entretenir un certain suspense, tout en digérant sereinement un canevas géopolitique copieux. En résumé : Le Bureau des Légendes n’est pas le genre de série qui se prête au binge watching. Il reste nécessaire de s’y attarder patiemment, et de se concentrer pour y comprendre les divers enjeux.

Nous ne ferons pas l’erreur de spoiler allégrement les quatre épisodes qui ont déjà été diffusés. Rappelons simplement le pitch de départ de cette cinquième partie : mais qui donc a voulu la mort de Malotru/Paul Lefebvre (Matthieu Kassovitz) à la fin de la saison 4 ? Qui a bien pu annoncer sa mort au journal Le Figaro au sein de la DGSE ? Nous n’en dirons pas plus sur l’histoire principale, nous contentant seulement, et pour l’instant, d’en survoler quelques aspects.

Le premier d’entre eux est de souligner le brio avec lequel Eric Rochant s’est documenté pour nous initier aux balbutiements de l’espionnage, et à l’univers exhaustif des agents secrets français. A travers une réalisation épurée de bons sentiments ou de dramaturgie exagérée, nous flirtons avec un réalisme qui demeure efficace en la matière.

Ce “naturalisme” des situations nous permet notamment de saisir le rôle, et les enjeux, qui sont liés à la DGSE au niveau international. Une nouvelle fois, et sans trop creuser dans le vif du sujet, nous nous immergeons dans le monde des services secrets russes, le FSB, et de ses liens avec la DGSE. Nous nous posons alors cette même question : quel rôle joue Malotru vis-à-vis de ces services ? Le FSB a-t-il réussi à détourner et à recruter une “légende” de la DGSE ?…

Pour nous laisser le temps de découvrir petit à petit de multiples diégèses, qui vont du Cambodge à l’Egypte en passant donc par la Russie, nous n’en dévoilerons pas plus. Nous nous limiterons juste à dire quelques mots sur le traitement des personnages. Or, et à ce sujet, ce début de cinquième partie ne laisse présager que du bon.

Eric Rochant sait parfaitement basculer d’un protagoniste à un autre, diguer chez eux leur caractère et leur importance dans la construction globale du récit. Dans cette cinquième saison, il est particulièrement appréciable de voir que la réalisation s’attarde sur ses seconds rôles. Je pense notamment à Marie Jeanne Duthilleul (Florence Loiret-Caille) ou encore à Raymond Sisteron (Jonathan Zaccaï) qui prennent de l’épaisseur. Il en va de même pour l’énigmatique JJA, interprété par le talentueux Mathieu Amalric, dont les traits s’affinent peu à peu. Tour à tour, ils ou elles ont droit à leur moment de gloire, faisant de ces protagonistes des héros au sens noble du terme.

En synthèse, Le Bureau des Légendes est une série sérieuse et à l’intelligence rare, qui sait rester en marge des sagas à grand spectacle. Ici, nul besoin de cliffhanger putassiers pour nous faire adhérer à un genre pourtant vu et revu (le film d’espionnage). Il s’agit là d’une série qui se suffit à elle-même, dont l’agencement est pointilleux et nous captive pas à pas. Les sentiments cathartiques, tout comme la musique d’ambiance, s’y font relativement discrets. Tout cela se fait au profit d’une grande série géopolitique, nous permettant ainsi d’analyser notre propre monde avec un œil nouveau.

J.M.

Le Bureau des Légendes (actuellement sur Canal Plus et disponible sur MyCanal)

 

 

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