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Lupin, un succès pas volé ?

samedi 16 janvier 2021 - Commentaire : 0

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Le 8 janvier 2021, Netflix a sorti les 5 premiers épisodes de la série française « Lupin ». Imaginée par le duo Georges Kay et François Uzan (qui a participé au scénario de “Family Business“), celle-ci comporte, au moment où j’écris ces lignes, une saison de 10 épisodes déjà tous tournés et une deuxième saison dans les tuyaux en cas d’adhésion du public. Elle est la première série française à rentrer dans le top 10 des vues sur Netflix U.S., alors elle mérite que l’on s’y arrête un peu.

Mettons tout de suite les pieds dans le plat. Il y a plusieurs mois, avant même que quiconque ait pu visionner la série, j’ai lu des critiques hallucinantes sur le projet. C’est pourquoi je tiens à rassurer immédiatement les fragiles, ceux qui pensent qu’Ariel la petite sirène doit garder sa couleur de peau ou que le lac des cygnes doit être interprété par des danseurs aussi blafards que l’animal en question. “Lupin” ne raconte pas la vie du gentleman cambrioleur telle qu’imaginée par Maurice Leblanc, même si elle est truffée de références sur cette œuvre, mais celle d’Assane Diop, fan du romancier et de son personnage principal. Voilà c’est bon, on peut passer aux choses dignes d’intérêt maintenant !?

Boubacar Diop est accusé par son patron, un homme très riche et influent, du vol d’un collier ayant appartenu à Marie-Antoinette. Il est emprisonné mais nie catégoriquement les faits. Quelques temps plus tard, il signe des aveux et est retrouvé pendu dans sa cellule. Son adolescent de fils, avec qui il vivait seul, se retrouve face à son incompréhension et n’a pour unique souvenir de son père qu’un livre de Maurice Leblanc, une aventure du fameux Arsène Lupin. Arrivé à l’âge adulte, ses principales ambitions sont de rétablir la vérité et de venger son père avec les méthodes du Gentleman cambrioleur.

La série est à l’image de la vie romanesque d’Arsène Lupin, c’est-à-dire pleine de suspense et de rebondissements. Parfois, le héros se sort de postures difficiles de manière assez rocambolesque, voire peu crédible, mais c’est la loi du genre. Le scénario de base étant super bien ficelé, j’aurais sans doute apprécié je l’avoue, que certaines situations soient moins capillotractées (ou tirées par les cheveux si vous préférez). Mais le côté réjouissant vient des auteurs qui ne se sont pas contentés de scènes d’action épiques. Il y a, en arrière-plan, une belle évocation des rapports père/fils. En effet, tant dans sa relation avec son père que dans celle avec son fils, les sujets de l’amour filial et de la transmission sont très prégnants dans la vie d’Assane. Le phénomène de l’absence est aussi évoqué en filigrane. Enfin, à l’instar de l’œuvre de Maurice Leblanc, il y a également une dimension sociétale, avec les petites gens qui luttent contre l’ogre riche et puissant qui fait tout pour le rester, au détriment du monde qui l’entoure.

S’il est trop tôt, après une demi-saison, pour tirer quelque conclusion que ce soit, on peut raisonnablement dire que la série tient en grande partie sur les larges épaules d’Omar Sy. Depuis ses débuts sur Canal +, il a toujours eu le don de transmettre les émotions qu’il joue ou qu’il vit. En effet, si son rire est communicatif, ses saines colères le sont aussi (mais c’est un autre sujet). Son rôle ici est assez différent du registre dans lequel il évolue habituellement. Pourtant, il rentre dans le costume avec aisance et joue juste. Il est le parfait transformiste, aussi à l’aise en combinaison de travail à balayer le sol qu’en 3 pièces cravate lors d’une soirée mondaine. Par contre, la qualité des rôles secondaires est assez inégale. Si Ludivine Sagnier, qui incarne Claire, l’ex-femme du héros et la mère de son fils, est toujours aussi lumineuse, je trouve là encore que les « méchants » sont trop caricaturaux. Une mention spéciale pour Ludmilla Makowski et Mamadou Haïdara qui jouent admirablement bien les rôles de Claire et Assane jeunes.

En résumé, “Lupin” est un succès annoncé et largement mérité. L’idée originale porte ici parfaitement son nom. Omar Sy est brillant et nous transporte immédiatement dans son univers. Et si parfois, le déroulement de l’action mériterait un peu plus de cohérence et de crédibilité, l’ensemble reste un très bon divertissement. Les 5 prochains épisodes sont attendus avec impatience et nous devrions ronger notre frein jusqu’à l’été. En espérant que nous serons récompensés et que les auteurs mettront un coup de collier (de la reine) pour l’écriture d’une saison 2.

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