Bohemian Thought – Seeker : la true soul qui nous vient du bout du monde

Je vais être honnête : si on m’avait dit qu’un des disques qui allaient me coller le sourire en ce printemps viendrait de Wellington, Nouvelle-Zélande, j’aurais répondu « ah oui, là où ils ont tourné les Hobbits » et j’aurais repris un verre de whisky. Comme quoi, on devrait toujours se méfier de ses propres réflexes de touriste musical.

Parce que ce Bohemian Thought, c’est une jolie surprise. Le monsieur est élevé à Londres, installé à Wellington, et il balance son premier single, Seeker, avec un clip qui l’accompagne. Il tire ça de son premier album, Magnificent Dyslexic, attendu plus tard dans l’année. Retenez le titre, il est quand même sacrément bien trouvé.

Une chanson qui joue, mais pas que

Seeker est présenté comme un morceau joueur qui cache, derrière son air de ne pas y toucher, une vérité bien plus profonde. J’aime ça. C’est la technique du pote qui te raconte une blague à table et qui te laisse trois jours à ruminer la chute en rentrant chez toi.

Côté étiquettes, ça part dans tous les sens : afrobeat, spoken word, dub, neo-soul, reggae, ska, samba. Oui, tout ça. Normalement, quand quelqu’un me sort une liste pareille, je range le disque dans le tiroir « bordel pas mangeable ». Là, non. Lui parle de « true soul », et on sent surtout un type qui ne veut pas choisir son camp, qui pose sa voix entre le chant et la parole, et qui a des choses à dire. Ça dure presque sept minutes (6:53, pour les maniaques), ce qui est une éternité à l’ère du single qu’on zappe en quinze secondes. Il prend son temps, et franchement, on lui laisse.

Un clip tourné à Wellington

La vidéo a été filmée sur place, à Wellington, et réalisée par Rollo Wenlock. Ça tombe bien, parce que le bonhomme a l’air de revendiquer cette ville comme un point d’ancrage, la capitale culturelle d’un pays qu’on connaît surtout pour ses moutons et ses All Blacks. Ça fait du bien de voir une scène locale qui sort la tête de l’eau avec autre chose que du rock de pub.

Le geste qui change tout

Et puis il y a ce détail qui me touche. Après le séisme qui a frappé Christchurch en février, les profits des ventes du single en téléchargement sont reversés au fonds de reconstruction de Christchurch. Sur Bandcamp, c’est à partir d’un dollar. Un dollar. Vous dépensez plus que ça en capsules de café par jour, ne me racontez pas d’histoires.

C’est pas un coup de com’ tape-à-l’œil, c’est juste un type qui se dit « ma musique peut au moins servir à ça ». Et dans un milieu où on aime bien se regarder le nombril, ça réchauffe un peu.

Alors, on en pense quoi ?

On pense qu’on a affaire à un mec qui a des choses à raconter, une voix qui sait où elle va, et l’envie de faire de la musique qui regarde le monde plutôt que ses propres chaussures. Je ne sais pas encore ce que vaudra l’album complet, il faudra attendre. Mais en attendant, Seeker, c’est un sacré amuse-bouche.

Mon conseil : mettez un casque, lancez la vidéo, servez-vous un verre de ce que vous voulez, et laissez-vous embarquer. Et si ça vous plaît, laissez un dollar ou deux. Ça rapporte plus que le café.

Je vous tiens au courant dès que Magnificent Dyslexic sort. Promis, je ne me moquerai même pas du titre. Enfin, pas trop.

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