On en parle beaucoup, on dit même qu’il y a un renouveau, mais c’est quoi en fait le post punk ?
Le post punk (je l’écris sans tiret, je suis un rebel) est un genre musical alternatif et expérimental apparu à la fin des années 70, considéré comme l’un des premiers mouvements underground aux côtés du punk rock et de la new wave. Issu de la première scène anglaise puis exporté en France et aux États-Unis, ce terme décrit une fusion de rock, pop (dont le dream pop), funk, dub, noise, électro, metal, hardcore et sonorités psychédéliques. Il est associé à des groupes emblématiques et gothiques tels que Siouxsie and the Banshees, Joy Division, Gang of Four, Public Image Ltd (PiL) et Magazine Ltd. Véritable code esthétique, le post-punk mêle art graphique, image sombre, style DIY et approche de l’expérimentation, posant les bases du rock alternatif, de l’indie, du grunge et influençant club culture, dance, indus et de nombreuses scènes underground dès l’époque des premiers 45 tours et albums cultes.
Il ne se contente pas de prolonger l’énergie brute du punk rock mais cherche également à réinventer ses bases, posant un nouveau terme dans le mouvement post punk et la new wave. Les artistes et groupes de ce mouvement alternatif s’éloignent des conventions établies pour explorer un son plus complexe et nuancé : du funk, du dub, du noise, de l’électro et du dream pop aux textures industrielles et expérimentales, en passant par des rythmes dance et hardcore. Leur art DIY, inspiré par les premières scènes gothique et indie, influence autant les clubs que les magazines spécialisés et marque un premier revival musical dans les années 80.
Le post punk, plus noir, plus intelligent et moins capitaliste
Le post punk émerge dans les années 70, à une époque où le punk rock et la new wave, connus pour leur énergie brute et leur rejet de la société de consommation, commencent à être récupérés par le capitalisme et l’industrie musicale. Des groupes comme les Sex Pistols ou The Clash, bien que porteurs d’une vraie rébellion initiale (ou pas si on parle des sex pistols), voient leurs albums et leur image dévoyés par les majors et les intérêts commerciaux. C’est dans ce contexte qu’apparaissent des formations gothiques, industrielles et indie, telles que Siouxsie and the Banshees ou Public Image Ltd, dont le son post-punk préfigure des textures noise, dub, électro, metal et hardcore, et que de nombreux fans et artistes recherchent un code alternatif plus authentique, en opposition au revival commercial du mouvement.
Les artistes post punk appuient également une réflexion plus intellectuelle dans leurs œuvres, à rebours du punk brut et parfois simpliste. GOmmant l’étiquette de rock alternatif, ils intègrent des codes issus du gothique, de la new wave, du psychédélique et de l’industriel, scrutant la société de consommation, l’aliénation ou les maux contemporains à travers des paroles proches d’un art littéraire. Entre riffs noise, lignes de basse dub, envolées synth pop, textures dream et expérimentations hardcore/metal, chaque album devient un manifeste engagé, dialogue entre mouvement social et dance club underground, renouant avec l’esprit indie et le premier souffle d’un revival punk créatif.
C’est ainsi que ce genre musical est devenu une véritable critique du consumérisme et du conformisme, tout comme les paroles, esquissant une introspection sociale inédite pour l’époque et nourrissant une scène indus, no wave, gothique et indie des années 80. Ce mouvement militant, à l’image de ses groupes phares, transforme chaque album en œuvre à la croisée du rock, du punk, de la pop expérimentale et de la dance underground.
Les caractéristiques sonores et influences éclectiques du post punk
Le post punk, bien qu’étant une continuité du punk par son esprit contestataire et sa dimension DIY, se distingue par une exploration sonore résolument éclectique. Les guitares, souvent noyées dans la réverbération et l’écho, croisent des lignes de basse noise ou dub très présentes, tandis que la batterie, qu’elle soit électronique ou acoustique, intègre des rythmes complexes flirtant avec le dance, le funk ou le hardcore. L’inclusion fréquente de synthétiseurs électro, de claviers dream pop et d’effets expérimentaux confère une atmosphère gothique, industrielle voire psychédélique, annonçant le grunge et le revival indie à venir. Chaque morceau, parfois tissé d’interludes no wave, devient une véritable composition artistique.
Contrairement au punk, qui privilégiait avant tout l’énergie brute et l’urgence, le post-punk incorpore des influences musicales résolument variées. On y décèle le funk et ses rythmes syncopés, le dub, le noise et la musique électronique européenne de l’électro froide aux nappes dream pop ainsi que des touches metal, hardcore ou industrielles. Le genre puise aussi dans la new wave, la scène gothique ou l’indie et s’inspire du krautrock allemand pour ses textures répétitives et ses structures progressives. Un autre aspect crucial du post-punk, qui le distingue du punk originel, réside dans le soin apporté à la production, aux visuels (covers d’albums et codes graphiques repris dans les magazines) et à l’expérimentation, ouvrant la voie à un revival créatif largement cité dans la presse spécialisée.
Ensuite, ses courants ont eu aussi évolué, comme des enfants prenant leur envol ou comme Edouard Philippe créant son mouvement politique (elle est osé celle la). On a eu ensuite le skate punk, le trashcore et bien d’autres. Surtout, certains groupes que j’ai cité précédemment (comme Bad Religion) n’ont pas arrêté leur carrière et jouent toujours.
Puis nous voila dans les années 2020 et un renouveau du post punk de la fin des années 70. Fontaines DC, Idles, Black Midi, Black Midi, Black Country New road, Yard Act, Viagra Boys, Wet Leg, L’objectif et bien d’autres reprennent les codes, se les approprient et créent un son, non pas neuf mais tout aussi attrayant (à mes oreilles). Surtout, les internets et le reste ont mondialisé cette musique et multiplient le nombre de groupes pour mon plus grand plaisir et je l’espère le vote.
Groupes de Post-Punk par Période
1970 à 1979
- Joy Division
- Siouxsie and the Banshees
- Public Image Ltd. (PiL)
- Gang of Four
- Wire
- The Fall
- Magazine
- The Cure
- Television
- Talking Heads
1980 à 1989
- Echo & the Bunnymen
- Bauhaus
- The Smiths
- The Chameleons
- Killing Joke
- The Sisters of Mercy
- Cocteau Twins
- New Order (évolution de Joy Division)
- The Psychedelic Furs
- Depeche Mode (début post-punk avant de se tourner vers l’électronique)
1990 à 1999
- The Jesus and Mary Chain
- Interpol (formé en 1997 mais a gagné en notoriété dans les années 2000)
- Placebo
- Radiohead (mélange de post-punk et d’autres influences)
- Nine Inch Nails (incorporant des éléments de post-punk industriel)
- The Smashing Pumpkins (influence post-punk dans leur son)
- PJ Harvey (certaines œuvres influencées par le post-punk)
- The Sound
- Shellac
- Girls Against Boys
2000 à 2009
- Interpol (principalement actif et influent dans les années 2000)
- Editors
- Yeah Yeah Yeahs
- Bloc Party
- The Rapture
- Liars
- TV on the Radio
- The Killers (début marqué par des influences post-punk)
2010 à 2024
- Savages
- Protomartyr
- IDLES
- Fontaines D.C.
- Iceage
- Preoccupations (anciennement Viet Cong)
- Algiers
- Dry Cleaning
- The Horrors
- Shame



