En direct d’une discothèque fraîchement réouverte

Enfin ! Ca y est, la fête peut reprendre. Mercredi 16 février, les discothèques ont réouvert leurs portes après 10 semaines de fermeture forcée. 10 semaines… depuis l’année dernière quoi ! Bon évidemment, les mesures sanitaires planent encore au-dessus des têtes, le pass vaccinal reste obligatoire, le gel hydroalcoolique coule à flots, mais les jauges ont sauté et le masque est simplement « recommandé », autant dire qu’il restera aux vestiaires. Viens, on oublie que ce n’est plus de notre âge et on rentre pour, à des fins journalistiques cela va sans dire, observer l’atmosphère et les gens !

Dans la discothèque élue, la première chose qui saute aux yeux, c’est le sourire. Les dents apparaissant dans les bouches entrouvertes comme pour une grande respiration, un soupir de soulagement collectif. La jeunesse s’est parée de ses plus beaux atours pour l’occasion. Il faut briller, resplendir, pour marquer le coup. Le bar et les tables se remplissent, les serveuses et serveurs s’activent çà et là, les barmen et barwomen vident des bouteilles et remplissent des verres. Les videurs quant à eux ne se contentent pas de vider, ils scrutent la salle, toutes oreillettes et muscles apparents, en prononçant des mots énigmatiques dans leur col de chemise.

« Danse la vie, danse comme si tu devais mourir demain. »

(presque) Michel Fugain

La piste commence à se remplir. Les pas de danse sont plus ou moins maitrisés, le rythme peu ou prou respecté. On flirte parfois avec le ridicule mais on tente de maitriser ses mouvements pour garder le contrôle de son style autant que de la vodka orange qui embarrasse nos mains. Un peu en retrait, les banquettes sont là pour accueillir les fesses des Sam, dont la mission cruciale les oblige à regarder les autres s’amuser, en sirotant un Coca-Cola tiède. Tout est en place pour que la fête soit belle.

Les cœurs, trop longtemps confinés, voudraient se rapprocher. Mais les décibels hurlants et la lumière stroboscopique de la discothèque ne permettent qu’aux corps de le faire, ce qui est un pis-aller. La musique est forte et les odeurs sont puissantes, ou l’inverse d’ailleurs, on ne sait plus très bien. Quoi qu’il en soit, les phéromones agissent et, instinctivement, les groupes, distincts à l’origine, commencent à se confondre. C’est un signe évident que la mayonnaise prend. Constatant cet état de fait, le DJ augmente les basses, monte encore le son, et fait semblant de chercher le prochain titre, alors que sa playlist est bouclée depuis des semaines.

C’est le moment pour nous de quitter la discothèque. Tout va bien se passer, la vie s’écoule mais rien ne change. Il y aura des bousculades entre bandes rivales, vite contenues par le service d’ordre. Il y aura des tentatives de flirts avortées par le fait des proies mal choisies. Mais aussi des baises bâclées dans les toilettes, des disputes, des compromis, des compromissions, des paris débiles, des fous rires, des vomis sur le parking. La nuit sera jolie et le lendemain douloureux. Probablement, l’impatience sera de mise jusqu’à la prochaine sortie.

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