Histoire de la barbe : Sexe, pouvoir et culture.

De l’homme de Cro-Magnon à Sébastien Tellier, de Sophocle à Conchita Wurst, la barbe a traversé les âges au gré des modes et des usages. Tantôt signe de sagesse et de maturité, tantôt élément d’appartenance à une communauté ; tantôt ornement sexy, tantôt caractéristique de révolutionnaire, elle a habillé le visage des mendiants autant que celui des chefs d’Etat. Voici l’Histoire de la barbe, sa genèse et son évolution. Poils au menton.

Ouvrez votre livre d’Histoire à la page 139.

Avant même que de découvrir le feu ou d’inventer la pierre taillée, l’homme préhistorique avait compris que la barbe était un atout majeur. En effet, elle lui permettait de protéger son visage et son cou du froid. Il est vrai que le snood, plus pratique et hygiénique, ne fera son apparition que quelques millénaires plus tard. Durant l’Egypte Antique, la barbe est réservée aux personnages de haut rang, aux notables, c’est à dire grosso-modo, aux Gérard Larcher et Gérald Darmanin de l’époque. Pendant la Grèce Antique, elle est l’apanage des militaires (coutume toujours en vogue chez nos Légionnaires), ainsi que chez les philosophes (usage abandonné par Alain Finkielkraut, Edgar Morin et autre Alexandre Jollien). Enfin, chez les Romains, la barbe est d’avantage synonyme de saleté et de pauvreté. En effet, il fallait avoir quelques Sesterces de côté pour pouvoir s’offrir un Gillette Fusion 5 lames.

Les Sages

Quid de la barbe plus près de nous ?

Dans notre civilisation franco-européenne, la pilosité faciale a souvent été dénigrée. Si l’on excepte quelques factions militaires ou religieuses, la plupart de nos aïeuls, pour faire bonne figure et être respectés par leurs pairs, se rasaient de près. La barbe a même parfois été purement et simplement interdite par décret royal. Sa petite sœur la moustache a été beaucoup mieux traitée tout au long de l’Histoire. Au début du XXème siècle, elle était même portée par une grande majorité d’hommes en Europe. Ils prenaient soin de raser joues et menton tout en laissant cette bande de poils plus ou moins fines et longues entre le nez et la bouche. Un troisième banc de sourcils en quelque sorte.

L’avènement de la mode hippie, un tournant dans l’Histoire de la barbe.

Les années 60 ouvrent la porte à un mouvement assez éloigné des considérations de la société de consommation. Les hippies portent la barbe, consomment des substances qui les propulsent dans un monde paisible et coloré, écoutent de la musique que leurs parents détestent (une constante finalement), s’habillent avec des vêtements brodés de fleurs, baisent beaucoup avec des filles également fleuries et désireuses d’échapper à la vie qui leur est tracée, grâce à la jouissance et à la défonce. Ces années marquent l’apogée des cheveux longs et de la barbe fournie. Puis la drogue a tué des icônes comme Janis Joplin, Jim Morrison, ou Jimi Hendrix, précipitant ainsi la fin du mouvement hippie.

Les Musiciens

Le trou noir, avant l’arrivée des Hipsters.

La mode hipster, même si elle est née en 1940 aux Etats-Unis, fait un retour fracassant dans les années 2000. Elle fait la part belle aux barbes longues et épaisses ainsi qu’aux tenues vintage. Grace à elle, émergent les concours de barbe en tous genres. Plus qu’un signe de virilité, celle-ci devient sans conteste un attribut esthétique et sexy. Les pogonophiles inondent les réseaux sociaux, les quartiers à la mode et les plateaux télé. Le mouvement qui voulait s’opposer à la mode et à ses préceptes devient finalement lui-même une mode, avec des codes bien définis. Les mannequins changent leur plan de carrière et aspirent à devenir bûcherons.

« Si derrière toute barbe il y avait de la sagesse, les chèvres seraient toutes prophètes. »

Mon analyse est la suivante : la barbe pousse sur les joues de l’enfant quand celui-ci se transforme en homme. Par conséquent, elle est factuellement un signe de maturité. La maturité amenant à la sagesse, un barbu devient, dans l’inconscient collectif, quelqu’un d’intelligent et de cultivé. La sapiophilie faisant son effet, en plus d’être un homme éclairé, le barbu est viril et sexy. Mais ne soyons dupes de rien. J’ai toujours pensé que les gars qui se laissent pousser la barbe, comme ceux qui se font tatouer à outrance, cherchent en fait à afficher une virilité dont ils manquent cruellement (ça sent le vécu NDLR).

Dans cet article, j’ai commis un double montage photo, exposant 6 « sages » et 9 musiciens mythiques portant la barbe. Celui ou celle qui, dans les commentaires, me donne le nom de ces 15 hommes dans l’ordre des clichés, gagne le droit de choisir le sujet de mon prochain article. Google Images est proscrit. A vous de jouer et sans tricher hein !

Crédits photo de couverture : Phil King sous licence Creative Commons

8 commentaires

  • Jerome
    Jerome

    Bonjour en tout cas la photo tout en haut de l’article je sais qui c’est c’est moi
    ( Instagram : BARBERBZZ )

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  • Bobo
    Bobo

    Bonjour,
    Petite question concernant la photo de présentation , c’est un barbus connu ou juste un gars qui passait par la.
    Merci avance

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  • Stache
    Stache

    C’est surtout pas cool de s’approprier la photo d’un autre sans même demander à l’auteur, ni citer la source. Ça s’appelle le crédit, et c’est la loi. Après on se demande pourquoi les photographes ont plus de taf. Bravo les gars…

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    • Charles Chinasky
      Charles Chinasky

      Effectivement, c’est une erreur de notre part. Cette erreur a été corrigée depuis.

      Merci de nous lire

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      • Stache
        Stache

        Et donc où figure le crédit photo ?

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        • Charles Chinasky
          Charles Chinasky

          Fin de l’article

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          • Stache
            Stache

            Ce n’est pas un crédit photo mais le nom du modèle.

          • Charlie
            Charlie

            Le crédit photo a été mis à jour. Merci pour votre retour

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