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Le temps nous a usé. Tu nous vois, là, assis sur ce muret, vingt-quatre ans plus tard.
Le temps t’a pris ta beauté et ton sourire. Ton énergie s’est volatilisée dans le vent, ton rire s’est éteint, et toi, tu es devenue une enveloppe vide. Tu m’as laissé avec mes envies et mes peurs, mes batailles, tu ne m’as même pas regardé perdre ou gagner. Tu ne me regardes même plus du tout. Dans tes yeux, je vois les jours et les mois qui ont passé, je vois la flamme disparaître, je vois le temps qui a triomphé sur ton âme.
Le temps m’a pris ce que j’avais de plus cher; la femme avec qui j’ai choisi de finir le reste de ma vie, l’amour que j’avais pour toi, celui que tu as éprouvé auparavant pour moi. Le temps nous a pris des victoires et des souvenirs, pour nous laisser un goût amer dans la bouche, des rides sur nos joues et notre front, des veines saillantes sur nos mains. Nous ne nous touchons même plus, nos doigts noueux ne se rencontreront plus jamais, nos corps ne se sont plus entrelacés depuis tant d’années déjà.
Le temps a laissé quelques mémoires dans mon esprit, des souvenirs couleur sépia, qui s’estompent au fil des années, comme des grains de sable au vent.

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