Those Fucking Snowflakes sort “Straight Pride Month” : jazz, noise et gros doigt levé

Ils reviennent, ils gueulent, ils jazzent, ils te rentrent dans le lard et ça fait du bien. Those Fucking Snowflakes sortent Straight Pride Month, un brûlot noise punk jazzy aussi furibard que sarcastique, qui transforme la bêtise homophobe en terrain de jeu sonore. Et ça tabasse.

Un rollercoaster déglingué avec des paillettes politiques

Straight Pride Month, c’est comme si un big band militant avait été enfermé dans une cave avec Shellac, John Zorn, un lot de casseroles désaccordées et l’envie d’en découdre. Those Fucking Snowflakes retrouve ici leur recette maison : riffs en contretemps, batterie montée sur ressorts et saturation maîtrisée qui donne l’impression qu’un wagon de fête foraine va dérailler à chaque virage. Du math rock qui aurait sniffé du pamphlet queer à l’ancienne.

Et puisque le morceau parle des bons vieux rageux cis-hétéro blancs qui veulent aussi leur mois de fierté (« parce que c’est pas juste »), quoi de mieux que d’inviter Tom Robinson ? Le mec qui chantait “Glad to Be Gay” quand ça pouvait encore te valoir un passage à tabac par la police. Sa voix se mêle au gang chorus final comme un rappel cinglant : oui, il y a des combats qui comptent. Et oui, on va vous le rappeler avec une fanfare bruitiste et un sourire carnassier.

Un texte sans fioriture, pour des gens qui en ont trop

Les paroles ? Claires comme de la grenadine sur une chemise blanche : un appel à arrêter de pleurnicher parce que le monde ne tourne plus uniquement autour des mecs en costard gris qui confondent “égalité” et “domination”. TFS y glisse une punchline assassine sur Theresa May dans un champ, une pique historique sur l’oubli volontaire des oppressions passées, et une fin de morceau façon comédie musicale dégénérée. Oui, on a bien dit comédie musicale. Et non, tu ne veux pas rater ça.

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