Parlons rap américain, mais pas celui qui s’affiche en gros sur MTV avec des chaînes en or et des yachts loués à la journée. Direction Minneapolis, Minnesota, où un certain Toki Wright continue tranquillement de faire du hip-hop avec un cerveau, un cœur et, détail rare, des idées.
Si son nom ne te dit rien, rattrape-toi vite : il a sorti A Different Mirror en 2009 chez Rhymesayers, la maison de Atmosphere et compagnie, puis Black Male l’année suivante. Il traîne aussi dans les rangs des Chosen Few. Bref, le monsieur a un CV, et il ne le brandit pas en soirée.
Cette fin d’été, il lâche Speed of Life (Volume 1) sur Soul Tools, le 31 août. Sept titres, à peine vingt minutes : le format idéal pour ceux qui ont la concentration d’un poisson rouge sous caféine. Un « Volume 1 », ça promet une suite, et on a tout intérêt à croire à la promesse.
Et le programme est dense. Il y a « Nina Saidakar », un hommage à Nina Simone, ce qui est déjà une façon de placer la barre très haut. Il y a « Tympanic », un mash-up avec Tapes n’ Tapes, groupe indie du coin, parce que dans les Twin Cities on ne cloisonne pas les genres, on les mélange. Il y a « Elevate » avec Oso en invité, et « Usain (At The Speed of Life) », qui fait sans doute un clin d’œil au plus rapide des hommes du moment, même si je n’ai pas vérifié auprès de l’intéressé.
Ce que j’aime là-dedans, c’est le contraste : un titre qui s’appelle « vitesse de la vie », et un type qui prend le temps de rendre hommage, de croiser les scènes, de raconter. Le hip-hop qui réfléchit n’est pas mort, il est juste moins bien exposé. Va le chercher, il ne mord pas.
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