DFA Records : le label qui aurait pu tout rafler (et qui a préféré kiffer)
Je vais te parler du label le plus influent de ces dix dernières années. Enfin, pour moi. Je ne suis pas l’ONU de la musique, c’est mon blog, j’écris ce que je veux, et toi tu lis. Ce label, c’est DFA Records.
DFA, ça veut dire Death From Above. Oui, ça sonne comme un groupe de metal qui répète dans un garage en Finlande, et pourtant on est à des années-lumière de ça. Le label est fondé à New York au début des années 2000 par trois types : Tim Goldsworthy, James Murphy et Jonathan Galkin. Petite anecdote qui fait toujours son petit effet en soirée : le nom a d’ailleurs provoqué une bataille avec un duo canadien, qui a fini par s’appeler Death From Above 1979. Comme quoi, même dans le disco-punk, il y a des histoires de copropriété.
Le disco-punk, justement, parlons-en. C’est quoi ce truc ? C’est la rencontre improbable entre la boule à facettes et le slip de punk. Des basses qui te font bouger le bassin, des guitares qui n’ont pas peur de se salir, et cette attitude DIY de gars qui font les choses parce qu’ils ont envie de les faire, pas parce qu’un tableur Excel leur a dit que c’était rentable.
Et dans l’écurie, ça donne quoi ? Du lourd, du très lourd. Il y a LCD Soundsystem, évidemment, le projet de James Murphy, avec ses hymnes pour trentenaires angoissés qui dansent quand même. Il y a The Rapture, dont “House of Jealous Lovers” a mis le feu à tous les dancefloors des années 2000, et dont je te dois une mention spéciale pour “In the Grace of Your Love”, un titre qui mérite de se faire hurler à pleins poumons. Il y a aussi The Juan MacLean et d’autres pépites, parce que DFA, ce n’est pas trois noms et puis s’en va. C’est une famille, un son, une vibe.
Maintenant, le point qui me fait kiffer. Ce label aurait pu devenir une machine de guerre. Avec ce catalogue, ce buzz et cette crédibilité, n’importe quelle équipe un peu cynique aurait signé à la chaîne, empilé les contrats, bouffé le marché et fini par s’offrir un yacht. Eh bien non. DFA a fait exactement l’inverse. Ils ont signé ce qu’ils aimaient, point barre. Pas de plan de carrière, pas de stratégie d’invasion, juste de la musique qui leur donnait des frissons. Je leur fais un bisous pour ça, tiens.
Il existe un documentaire sur le label. Il est produit par une boisson énergisante qui me file des boutons, mais on s’en fout, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est l’état d’esprit. Et cet état d’esprit, on le voit dans un détail que j’adore : le mec qui passe des disques sur un bateau de croisière à destination de la Jamaïque, alors qu’il a vendu des milliers d’albums et qu’il pourrait faire absolument ce qu’il veut de sa vie. Tu me diras : pourquoi il fait ça ? Réponse : parce qu’il aime ça. Parce qu’il vit pour ça. Parce que passer des disques devant des gens qui dansent, c’est son oxygène, avec ou sans les projecteurs. Et ça, putain, ça mérite le respect.
C’est ça, la leçon de DFA Records. Dans une industrie qui court après les chiffres, les algos et les “contenus”, il existe un label qui a décidé de rester fidèle à une seule boussole : la kiffade. Tu peux ne pas aimer le disco-punk, c’est ton droit (même si je me permets de te regarder avec un léger mépris). Mais tu ne peux pas ne pas respecter une bande qui a refusé de vendre son âme alors que tout le monde lui tendait le chéquier.
Alors si tu ne connais pas encore DFA Records, lance “Losing My Edge” ou “House of Jealous Lovers”, monte le son, et laisse-toi embarquer. Et si tu connais déjà, relance-les quand même. On ne se lasse pas d’un label qui fait les choses pour les bonnes raisons.
Voilà, c’est dit. Maintenant, va danser.
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