Lana Del Rey : « Is This Happiness », la douceur brute avant l’orage Ultraviolence

Lana Del Rey

 Is This Happiness ?

À une semaine pile de la sortie du très attendu Ultraviolence, Lana Del Rey continue de distiller son spleen hollywoodien avec une précision chirurgicale. Alors que les singles officiels ont déjà annoncé la couleur – une pop plus sombre, aux guitares saturées et aux accents rock presque crades –, une pépite vient de fuiter : « Is This Happiness ». Ce titre, qui figurera exclusivement comme bonus track sur l’édition iTunes de l’album, est un contre-pied total. Un concentré de douceur pure.
La quête obsessionnelle du bonheur

Loin des hymnes destructeurs auxquels elle nous habitue, Lana pose ici une question universelle, presque naïve si elle ne venait pas d’elle : « Is this happiness ? ». La chanson creuse le sillon de la fameuse pursuit of happiness (la quête du bonheur), ce concept si cher à l’inconscient américain, mais revisité ici à la sauce Del Rey. Est-on vraiment heureux quand on a tout détruit ? Le morceau n’apporte pas de réponse, il suspend le temps.
Une production épurée, loin des diktats des labels

Ce qui frappe dès les premières secondes, c’est le minimalisme et l’authenticité de la démarche. Exit les beats trap ou les arrangements grandiloquents imposés par les producteurs en quête de tubes radio. Ici, la voix de Lana se couche avec une vulnérabilité rare sur quelques notes de piano et des nappes de violons d’une mélancolie absolue.

On sent immédiatement que c’est un choix artistique fort, une chanson sélectionnée spécialement par la belle pour donner une âme à son projet, et non un énième titre de remplissage ou un enregistrement live pourri balancé pour gonfler la tracklist.

Arrêtez tout. Ce n’est pas de la musique de supermarché pour faire remuer des popotins sur les plages cet été. C’est une œuvre intimiste, une confession qui s’écoute les yeux fermés, au casque, pour en saisir chaque frisson. Lana Del Rey prouve encore une fois qu’elle est une artiste authentique, capable de nous terrasser avec presque rien.

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