C’est au détour d’un scroll sur TikTok que je suis tombé sur une véritable pépite : l’artiste Gaouta. Impossible de ne pas s’arrêter net et de pas vous le partager. Avec son single « Endorphine », elle dévoile un univers qui ne ressemble à aucun autre.
Une formule unique : New Wave, Post-Punk et Darija
Gaouta façonne une musique hybride à la frontière de la New Wave et du Post Punk, portée par des textes chantés en darija (l’arabe dialectal marocain). Le résultat ? Une musique au charme fou, empreinte d’une mélancolie brute qui touche droit au cœur avec des lignes de basse froides, des synthétiseurs obsédants et des rythmiques minimalistes. Ce style, elle l’a elle-même baptisé l’Arabo Wave ou c’est son attaché de presse, j’en sais rien mais je prends.
Gaouta compose, enregistre et interprète l’intégralité de ses morceaux seule. Elle a également fondé Atonale, une maison d’édition féministe doublée d’un studio de graphisme. En bref, une artiste complète qui mérite d’être calé dans votre playlist (et aussi dans mes artistes féminines punk à découvrir).
Ses dates de concert et le reste :
20.08 Douarnenez
12.09 Tanger
20.09 Paris
Le Darija, cette langue de la rue qui mélange arabe, français, espagnol et berbère selon les régions, a un point commun insoupçonné avec le post-punk : les deux sont nés du bricolage. Le post-punk, à la fin des années 70, c’est une bande de gamins qui n’avaient ni la virtuosité ni le pognon du rock établi, et qui ont retourné ce manque en langage — guitares désaccordées, basses en avant, boîtes à rythmes cheap, tout ça pour dire quelque chose de neuf avec les moyens du bord. Le Darija fonctionne pareil : une langue hybride, sans grammaire figée dans un académisme quelconque, qui pioche partout et recompose au fil de l’usage, portée par la rue plutôt que par les institutions. Et c’est peut-être pour ça que la scène marocaine actuelle — des groupes qui posent des textes en Darija sur des rythmiques sombres et anguleuses, quelque part entre Joy Division et la Gnaoua — sonne aussi juste : deux esthétiques du manque de moyens transformé en identité, deux langages qui refusent le poli pour dire le réel.



