Les voyageurs spatio-temporels Klek et Khn aka angine de poitrine nous balance leur nouveau single, « Fabienk » annonçant leur prochain projet.
“Fabienk” : le nouveau voyage sonore d’Angine de Poitrine
Angine de Poitrine c’est deux mecs déguisés, mais c’est aussi deux mecs qui sont techniquement des PUTAINS DE BONS MUSICIENS. La preuve, ils utilisent des guitares microtonales soit des guitares avec double manches, soit des guitares avec plus de fret, soit un truc super dur à jouer. Et ils en jouent le duo québécois, ils en jouent. Ils nous proposent un tube d’acid-techno-disco-rock hyptonique à souhait qui reste dans la tête, un son génial, instrumental, entêtant comme jamais. J’adore la musique de ces mecs.
Et tant qu’à faire, je vous balance la version live du morceau enregistré pour un live à KEXP pendant les transmusicales de Rennes en décembre dernier. Ah et en dessous le clip, j’ai fait une petite analyse de leur musique, c’est cadeau, c’est mignon.
Pourquoi ça tabasse ?
Si on dissèque le cadavre, on se rend compte qu’Angine de Poitrine ne fait pas de la musique, ils font de la chirurgie à vif mais sans faire mal. On est sur une structure hybride qui vient piocher dans le répertoire industriel des années 80 tout en lui injectant le venin de l’acid-techno la plus crasseuse. Ce qui frappe ici, c’est l’usage chirurgical de la TB-303, cette petite machine mythique détournée de sa fonction originelle pour cracher des lignes de basse acides qui bavent comme un pitbull en fin de course. Le filtre de résonance est poussé dans ses derniers retranchements, créant ces fréquences harmoniques qui viennent te chatouiller les tympans jusqu’à l’inconfort.
Mais là où Fabienk et sa clique sont vicieux, c’est dans l’intégration de la composante disco-rock. On n’est pas dans le confort d’un kick 4/4 monolithique de Berlin. Non, ici la rythmique est syncopée, presque organique, avec un jeu de charley qui rappelle les meilleures heures de la scène No Wave new-yorkaise. On sent l’héritage de James Chance ou de Liquid Liquid, mais passé au mixeur d’une rave-party clandestine dans un entrepôt de la zone industrielle de Saint-Ouen.
Le spectre sonore est saturé, la dynamique est compressée juste ce qu’il faut pour que chaque coup de caisse claire te résonne dans les côtes. C’est une collision frontale entre la froideur des séquenceurs et la sueur du rock’n’roll. En bref : c’est l’art de faire danser les morts avec des courants haute tension. Alors oui, c’est dur de choper le rythme mais tu vas taper du pied.



