DIGGER : Pourquoi le duo Tom Cruise/Iñárritu est un flop ?

DIGGER, TOM CRUISE

Il y a maintenant plus de dix jours que le dernier film d’Iñárritu est sorti sur les écrans, et c’est carrément la douche froide. Critiques pas folles, et un public qui boude… Qu’est ce qu’il s’est passé pour que le dernier projet de Tom Cruise en date prenne une si grosse claque dans la gueule?

Pourtant, sur le papier, il y avait tout pour que ce soit terriblement alléchant. Le multiple oscarisé Alejandro G. Iñárritu, Tom Cruise dans son premier long métrage hors Top Gun et hors Mission Impossible depuis huit ans, l’exquis Emmanuel Lubezki à la photographie, John Goodman, Sandra Hüller, Riz Ahmed, l’incontournable Jesse Plemons ou encore Michael Stuhlbarg (malheureusement toujours aussi sous-coté). Même les bandes annonces attisaient la curiosité. Mais le couperet est tombé. Après quasi presque quinze jours d’exploitation mondiale, le film peine à dépasser les 35 millions de dollars au box office. Quelques jours ont suffit pour passer d’un des projets les plus hype de l’année à un des plus gros flop du cinéma du 21e siècle.

Les points forts:

Malgré deux pélos qui sont arrivés en retard et qui nous ont aveuglé avec leur flash de téléphone pendant deux bonnes minutes, on a relativement passé une bonne séance. Un peu plus de deux heures de film, mais on est loin des promesses tenues.

Digger, c’est Tom Cruise grimé en Digger Rockwell, magnat du pétrole de père en fils, qui ne parvient pas à s’arrêter de forer au Groenland malgré de graves avertissements, au service du profit, évidemment. Mais tout part en couille quand la présence de méthane fait tout péter, et provoque un iceberg gigantesque qui part en direction de l’Europe, et qui risque de provoquer un énorme tsunami.

On va donc suivre les enjeux de cette trame. Les Etats-Unis doivent-ils intervenir? (sous le joug de son président joué par John Goodman). Est-il trop tard ? Le film est cool hein, mais on a pas adoré non plus. Y’a quelques trucs qui nous on fait tiqué malgré les bons points positifs du film.

Riz Ahmed, est vraiment à retenir dans ce film. Seul personnage qui arrive à tenir tête à Digger et donc à nager à côté de Tom Cruise. Riz Ahmed, on l’avait découvert dans Night Call avec Gyllenhaal, et adoré dans Sound Of Metal. Il continue d’étoffer sa filmo avec des seconds rôles solides et on souhaite déjà le revoir très vite.

DIGGER

Tom Cruise est à son niveau. Toujours juste. Et en totale roue libre lors d’un monologue marquant. Crédible malgré le make up. Il a pris le risque de rejouer dans un film sans cascade ou presque. Et même s’il est très bon en riche baladin que l’on a pas envie de contredire, le public ne se presse pas pour aller le voir. On espère cependant pour lui que son travail sera récompensé par quelques nominations.

Plemons est très bon comme à son habitude mais presque trop en retrait. Pas assez de Sandra Hüller, et Goodman est dans ses chaussons. Stuhlbarg tire son épingle du jeu malgré un temps à l’écran restreint en vice président pataud.

Où est-ce que ça bloque ?

Peut-être la faute à une satire poussée à l’extrême qui va avoir du mal à exister auprès de ses contemporains. (Bugonia s’était pété les dents également au box office. Et on a clairement la flemme de parler de Don’t Look Up). Le long métrage connaitra probablement un regain plus tard, à l’image d’un Dr. Folamour, mais lui, avait marché à son époque.

Sans spoiler, un twist nous a également sorti du film, et impact directement le travail de Lubezki, qui essaie d’exister malgré lui dans des décors étriqués ? Lui qui nous a tellement régalé dans les grands espaces par le passé. Il s’en sort tout de même, attention. Son travail à la lumière est toujours génial. Mais ça manque de magie.

Pour continuer dans les points faibles, (et pas des moindres) on peut citer la soundtrack. Quasi inexistante. Et c’est là où Iñárritu se casse méchamment la gueule. Il avait fait le choix d’être entêtant dans Birdman, quasi grandiose dans The Revevant, mais le travail ici de Cosmo Sheldrake, notamment à la flûte, est oubliable, et c’est un peu triste.

Verdict

On vous l’a dit,  DIGGER est un bon film, mais de nombreuses ombres au tableau viennent un peu gâcher l’expérience. On salue tout de même la proposition, parce qu’il faut oser faire des films de la sorte en big 2026. C’est clivant. Il suffit de regarder la gueule de la presse américaine. (Après faut dire qu’ils n’ont pas vraiment le sens de l’humour les petits pères). On a tout de même hâte de voir comment ce film va vieillir. Vrai classique boudé en son temps? Ou truc pas terrible qui va rester dans les limbes du cinéma. Le faux pas risque de coûter cher à la Warner.

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