ELDEN RING : Déjà le jeu de l’année ?

Déjà un petit mois que Elden Ring est sorti. Il est déjà considéré comme le jeu de l’année, affichant à peu près dans toutes les revues la note maximale. Acquis depuis sa parution, je n’en suis qu’à 35 heures de jeu environ. Les créateurs annonçaient une quarantaine d’heures pour venir à bout de la quête principale. Autant vous dire que j’en suis très, mais alors très très loin. Quarante heures, c’est se focaliser sur la quête principale, foncer en ligne droite et encore ça c’est pour les gamers vraiment rompus aux jeux FromSoftware, qui sont, manette en main d’une dextérité surhumaine et qui étudient en détail les patterns de tous les ennemis.

Pour ma part, j’avoue humblement avancer laborieusement et devoir emprunter des chemins de traverse, mettre en place des stratégies de lâche ou farmer comme un malade pour monter assez en niveau pour me sentir suffisamment en confiance.

elden ring

Parce que je ne sais pas si vous avez déjà tâté des jeux de FromSoftware, quatre volets des désormais célèbres Souls, puis Bloodborne, Sekiro auxquels il faut donc ajouter maintenant celui qui est décrit comme l’aboutissement du travail du studio, Elden Ring. Dès le début avec Demon’s Souls, ces jeux se sont démarqués du reste de la production mondiale, essentiellement pour leur exigence. La prise en main est assez complexe, la gestion du matériel, des niveaux puis se lancer dans une de ces aventures va demander au joueur énormément, du temps premièrement, mais surtout il va falloir accepter cette difficulté si élevée qui vous fera recommencer et recommencer encore jusqu’à la limite du masochisme. Ici il n’y a nulle possibilité d’abaisser le niveau à « novice » ou « débutant ». Chaque pas dans les univers de FromSoftware peut vous faire passer à trépas. On tremble parce qu’avec la mort on perd également toute notre monnaie d ‘échange (ici des Runes) nécessaire pour monter de niveau ou s’acheter de l’équipement, des sorts ou autre. Ce mécanisme est génial, car non seulement il vous oblige à penser, peser chacune de vos actions, on ne pas se la faire en mode bourrin. Mais surtout à chaque mort vous allez devoir vous employer à récupérer votre « fric » à l’endroit même où vous vous êtes fait trucider et donc affronter à nouveau la cause de votre décès. Si vous avez le malheur de succomber avant d’y arriver, c’est alors perdu à tout jamais.

C’est sans doute là dans cette difficulté démente que réside le tour de force de Hidetaka Miyazaki. Avec ses créations on touche à l’essence même du jeu et pas seulement du jeu vidéo mais véritablement du JEU. Car que vaut le jeu si il n’y a pas d’investissement personnel, d’engagement, si on ne joue pas quelque chose de soi. Qu’y a-t-il de plus ennuyant que de jouer avec quelqu’un (quel que soit le jeu) qui s’en tape carrément , qui s’en fout de perdre, ôtant du même coup tout le sel de notre hypothétique victoire ?

elden ring

Amateurs de challenge, je vous assure que vous allez en avoir pour votre argent ! Combien de fois j’ai failli envoyer ma manette se fracasser contre l’écran, de colère, de frustration, de dépit, la faute à un piège mortel alors qu’à bout de forces j’ai en ligne de mire un checkpoint libérateur ou quand je me fais défoncer par un boss semblant invincible. Oui mais en contrepartie quel pied lorsque je zigouille enfin, après des dizaines de tentatives, un de ces terribles ennemis !

L’autre marque de fabrique du studio japonais, c’est un level design aux petits oignons, une architecture systématiquement diabolique. Il n’est pas rare de devoir parcourir un périlleux et tortueux chemin semé d’embûches, juste pour débloquer un raccourci, ouvrir une porte par l’autre côté alors même qu’on l’a sous notre nez dès le début d’un niveau.

Toutefois c’est un peu moins visible dans Elden Ring, puisque la grande nouveauté est qu’on va évoluer en open world et la map est gigantesque, gigantesque et surtout (sinon ça n’a pas d’intérêt) d’une richesse inouïe, remplie d’animaux, d’ennemis (des boss optionnels à foison), de lieux à explorer (châteaux, ruines, grottes, mondes sous-terrains…) et d’artefacts à trouver. Que ceux qui étaient précisément accros à ce level design retors se rassurent, on le retrouve dans certains donjons que vous n’aurez d’autre choix que d’arpenter de bout en bout pour mener la quête principale à son terme.

elden ring

Les créateurs disent le jeu non pas plus facile, mais plus accessible. C’est tout à fait vrai car là où avant on pouvait se retrouver horriblement frustré devant un boss qu’on n’arrivait pas à éliminer ce qui signifiait l’incapacité d’avancer, ici la liberté est immense. On peut aller voir ailleurs, explorer (les paysages sont somptueux), farmer, monter en niveau en se frottant à des ennemis plus à notre portée.

Mais au fait Elden Rin, kézako exactement ?? C’est un action RPG en monde ouvert dans la lignée d’un Zelda BOTW ou encore du superbe Witcher 3. On évolue dans un univers assez classique d’heroic fantasy, un Donjon & Dragons vidéo-ludique. Dans l’Entre-Terre notre quête consiste à retrouver des morceaux de l’Arc de l’ Ender, source de magie de l’Arbre Monde. Le joueur, un « sans-éclat » devra affronter des demi-dieux pour reconstituer le Cercle et devenir in fine le Seigneur de ce monde. Bon, c’est vrai on a déjà vu tout ça mille fois et pourtant Miyazaki s’est adjoint pour l’écriture les prestigieux services de George RR Martin. A vrai dire on y voit plus un coup marketing qu’un réel apport scénaristique. Oui il y a du dragon, mais il y en avait déjà dans tous les Souls. Pas de scénario construit qui se déroule au fur et à mesure de notre avancée comme dans un Skyrim ou un Witcher, pas d’histoire linéaire. Néanmoins si la trame principale est assez basique le lore se révèle au final, il faut le reconnaître, assez foisonnant, très cryptique au début il se distille de manière plus impressionniste par petites touches, avec une multitude de personnages annexes très intéressants et souvent des quêtes qui leur sont liées. On reconstitue l’univers global, sa généalogie comme un puzzle ou un bon strip-tease mais vous pouvez tout aussi bien vous en moquer et passer outre.

J’ajouterai pour terminer que, comme dans les opus précédents, vous pouvez « invoquer » un autre joueur dans votre partie pour vous aider. Mais vous pouvez également vous faire « envahir » par un autre joueur qui aura forcément des velléités moins altruistes.

Tout cela forme à l’arrivée un univers tellement prenant, tellement riche qu’il vous faudra bien, au bas mot, dans les deux cent heures pour l’épuiser… s’il ne vous épuise pas avant.

Elden Ring fait date dans l’histoire du jeu vidéo. Si vous vous sentez l’âme d’un « sans-éclat » en quête d’aventures, ne ratez pas ce rendez-vous.

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