Vingt-trois heures trente.

Tu marches le long des quais, et tristement, personne ne t’accompagne dans ta solitude. Pas même un vieux clochard saoul. Tu es abandonnée comme un chien galeux.

Tu as l’air fine avec ta robe de soirée et tes talons de quinze centimètres. Dix si tu veux, histoire de diminuer un petit peu ta misère. Tu le savais avant même de venir, tu savais bien que cette soirée n’allait pas te plaire.

Ce n’est pas au niveau karaoké-saucisson-pinard, mais tu aurais peut-être bien préféré cela. Oui, même le bar-PMU du coin, c’était mieux. Enfin quand même, si tu y penses c’est uniquement parce que tu es dans de beaux draps. Pas de sous. Pas de téléphone portable. Pas de papiers d’identité.

Non, juste une tonne de maquillage sur le visage et un brushing à la Marilyn Monroe. Heureusement que tu as un manteau pour te couvrir. De loin, vu ainsi, on dirait presque une scène de cinéma.

Enfin, tu fais un peu trop artificielle pour avoir l’air d’une actrice.

Surtout que vu ta tête, tu ne serais pas vraiment convaincante, comme comédienne. A défaut d’exprimer une émotion quelconque, tu as juste l’air d’un fantôme, d’une enveloppe sans âme, d’une coquille vide, bref, on se demande s’il y a quelqu’un là-dedans.

Et pourtant ! C’est pour cela que tu es partie en plein milieu. Parce que tu n’es pas qu’un simple « bel emballage ».

Quelle idée aussi, de faire ce concours de Miss.

Bonne chance pour rentrer.

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