NON, on s’en fout. Et pas par posture, pas par snobisme inversé, pas parce que c’est facile de cracher sur les dorures. Juste parce que, factuellement, ça ne veut plus dire grand-chose.
C’est toujours la même chose. La robe de machine a fait sensation ou polémique. L’hôte de la soirée a fait une vanne sur Leonardo Di Caprio et ses conquêtes. Il y a des gens qui ne sont pas contents parce qu’ils n’ont pas reçu assez ou la récompense qu’il ou elle souhaitait. D’autres sont heureux et ils ont fait semblant de l’être en expliquant qu’ils n’ont pas fait de discours. Un théâtre bien huilé, répété chaque année, avec ses faux moments spontanés, ses indignations calibrées et ses émotions sous contrôle.
Des trophées hors sol qui ne font plus l’opinion.
Et dans deux jours, on aura oublié qu’untel ou untel a gagné la statuette du meilleur second rôle dans un film dramatique parce qu’il y aura une autre cérémonie ou un autre moment ou quelqu’un aura mis un costume. Ca ne sert qu’à mettre sur les affiches pour donner envie d’aller le voir et je ne suis pas sur que ça fonctionne. Le fameux sticker « primé », censé faire vibrer la curiosité, ressemble surtout à un argument marketing fatigué. À l’heure d’internet, on ne découvre plus, ça ne lance plus de carrière. Tu te souviens la dernière fois que tu as regardé un film ou une série parce qu’il avait gagné une récompense ? Et ben ça fait un moment.
C’est plus une cérémonie d’entre soi que la plèbe a le droit de regarder entre deux pubs pour ces cookies. Une grande messe de l’auto-validation, où l’industrie se congratule pendant que le reste du monde scrolle. Est ce que ça vend encore du rêve ? Je ne suis pas sûr.
Bref, on en parlera plus sur ce site parce que ça me soule.