Avec « 100 Horses », Geese confirme qu’ils sont l’un des groupes les plus excitants du moment. Le morceau s’ouvre sur ce petit riff de guitare au parfum bluesy, presque minimal, qui installe immédiatement une tension. Et puis, comme souvent chez eux, ça décolle ailleurs : des chœurs en arrière-plan, un groove qui s’étoffe, une atmosphère étrange entre clair-obscur et euphorie contenue.
Geese lache les chevaux et c’est toujours aussi bien.
La voix de Cameron Winter est encore une fois au centre. Ce qui me fascine, c’est sa capacité à faire basculer un morceau entier par son interprétation. Il chante avec ce mélange de distance et de fièvre, un peu théâtral, mais jamais trop, comme si chaque mot cherchait à échapper à la structure pour s’envoler. On sent des réminiscences de rock expérimental new-yorkais, mais aussi un côté plus roots dans la façon dont la guitare s’accroche au morceau.
Geese joue avec les contrastes : une base familière (blues, rock, groove) qu’ils détournent par des ruptures, des effets de voix, des arrangements inattendus. C’est ça leur force : l’auditeur n’a jamais l’impression de savoir où il met les pieds. Et pourtant, tout reste fluide, jamais forcé.
100 Horses n’est pas un single tape-à-l’oreille, mais c’est précisément ce qui le rend fort. Plus tu l’écoutes, plus tu découvres les couches, les détails, et cette folie qui fait qu’on ne décroche pas. Geese continue de tracer un chemin singulier : libre, imprévisible, passionnant. C’est extrait de leur prochain album « Getting Killed » et ça sort le 26 septembre.
Le précédent single « trinidad » : https://anotherwhiskyformisterbukowski.com/geese-joue-les-artificiers-en-douce-avec-son-nouveau-single-trinidad/