Quand le guitar-hero de Rage Against the Machine et le frontman possédé de System of a Down s’enferment en studio, on se doute bien qu’ils ne vont pas nous pondre une comptine acoustique pour le congré des comptables.
Soyons honnêtes deux minutes : est-ce que c’est le morceau de l’année ? Calmez-vous, la réponse est non. Niveau composition, les deux darons ne réinventent pas la roue et restent sagement dans leur zone de confort. C’est du déjà-vu, la structure est ultra-classique et ça ne révolutionnera pas l’histoire du rock. En plus, il pose en vignette comme s’il venait de faire un jam après un repas du dimanche.
Mais alors, pourquoi j’aime ?
Parce que c’est eux d’abord et parce que niveau exécution, ça reste une sacrée leçon. Tom Morello fait ce qu’il sait faire de mieux : envoyer des riffs parpaings et faire couiner sa gratte. POur un apprenti guitariste, ça fait plaisir. Et que dire de Serj Tankian ? Le mec a cette voix unique, théâtrale et complètement habitée qui nous manquait tant. Il pourrait vous chanter la liste des ingrédients d’un paquet de chips qu’il y mettrait la même intensité révolutionnaire.
Le verdict : Bref, ce n’est pas le hold-up musical du siècle, mais ça fait un bien fou par où ça passe. Une bonne dose de nostalgie brute avec en bonus le fils de Tom qui joue de la guitare. Et oui, il est bon aussi.
Et le clip de « Adjourn it »
Le visuel de « ADJOURN IT » ne fait pas dans la dentelle. Les mecs sont allés déterrer des images de Salt of the Earth (1954), un des premiers vrais films indépendants de l’histoire, réalisé par des mecs blacklistés par Hollywood pendant la chasse aux sorcières anticommuniste. Le pitch ? L’histoire vraie de mineurs mexico-américains en lutte contre l’exploitation et le racisme systémique, jouée par les vrais mineurs de l’époque.



