On ne s’attendait pas à un câlin. Güner Künier revient avec un album qui sent la friche industrielle, la résine froide et les souvenirs cramés. Yaramaz, ça veut dire “sale gosse”, “ingérable”, “petit diable” en turc. Et ça tombe bien : elle ne demande pas la permission d’en être une.
Yaramaz, l’album qui crache sur les attentes et les faux-semblants
L’album Yaramaz, sorti le 21 mars dernier, s’écoute comme un manifeste en stéréo. Güner Künier y chante en turc (mais aussi en anglais) pour la première fois, et ce n’est pas anodin : chaque mot est un uppercut lancé contre les attentes familiales, sociales, culturelles. Ça parle d’identité, de passage, de transgression, de solitude, et de liberté arrachée avec les dents. Les influences ? Un peu de shoegaze, un peu de cold wave, beaucoup de tension post punk.
Mon titre favori est le morceau Eye Shadow. Il t’attrape par les joues, te regarde dans les yeux et t’applique sa couche de post punk synthétique comme on farde un regard de guerre. C’est crade, c’est élégant, c’est tout ce qu’on aime. Imagine une ligne de basse qui s’échappe d’un club berlinois, un chant qui chuchote mais menace, et une rythmique en marche forcée, minimaliste et déterminée. Künier ne se maquille pas pour plaire, elle se grime pour survivre (je suis assez content de celle-ci).
Güner Künier sera en tournée en avril et mai, avec un passage en France au Supersonic à Paris le 10 mai. Conseil d’ami : viens en noir, transpire blanc.
Pour écouter l’album :
Yaramaz sur Bandcamp
Le disque est court, précis, nerveux comme une colère. Neuf titres, pas un gramme de gras. Outre Eye Shadow, tu peux te jeter sur Ne Var, Cash Cash Exercise ou Yanıma Yat. Mention spéciale à cette manière de tordre les machines pour en sortir du feu et du spleen.