Personnellement, il y a deux séries qui m’ont fait basculer du côté obscur des shows américains (et accessoirement m’ont transformé en pirate du dimanche soir, mais chut) : Grey’s Anatomy et Heroes. La première arrive à sa douzième saison, potentiellement la dernière, et continue de nous torturer avec des histoires de cœur et de bistouri qu’on regarde par pure fidélité, comme on garde un vieux pote un peu lourd. La seconde, elle, a connu une première saison exceptionnelle, un de ces coups de foudre télévisuels qu’on n’oublie pas, suivie d’un season finale bidon qui annonçait la couleur. Résultat : une longue agonie de quatre saisons, de 2006 à 2010. Quatre ans à regarder un grand malade qui refuse de mourir, avec des scénaristes qui semblaient eux-mêmes ne plus savoir où ils allaient. Une belle leçon d’humilité pour tous les showrunners du monde.
Mais Heroes reste Heroes.
Parce que oui, le « Save the cheerleader, save the world », ça marque une génération de téléspectateurs. Parce que Hiro qui arrête le temps en serrant les poings et en grimaçant comme un gosse constipé, ça n’a pas de prix. Parce qu’on a tous, au fond de nous, un petit pouvoir qu’on rêverait de voir se réveiller (le mien serait de ne jamais manquer de whisky, ça va de soi).
Alors quand NBC annonce un reboot, Heroes Reborn, avec Tim Kring de retour aux commandes et quelques visages familiers au casting, moi, je suis hypé. Grave hypé. Évidemment, la prudence voudrait que je me méfie : on nous a déjà fait le coup de la renaissance miracle, et ça finit souvent en pétard mouillé. Mais je suis un indécrottable optimiste, ou un indécrottable naïf, la frontière est mince.
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