Jeff Buckley Live at Sin-é (le truc qui a fait que…)

Tu veux savoir le comment du pourquoi qui a fait la genèse de l’épilogue ? Penche-toi sur Sin-é, et chut.

Je me souviens d’une anecdote sur Jeff buckley, même si c’est davantage une couleur ou un sentiment qu’une réelle anecdote, mais on va faire comme si…
Alors voilà, j’avais un groupe avec lequel je faisais des covers dans des bars et on faisait tirer les bières plus vite qu’on cassait nos cordes, et dieu sait qu’on grattait. Ambiance humide, cheveux gras, image d’épinal, karma et la vie devant soi. Puis, vous savez ce que c’est… une fille, une clope, et ta veste sur ses épaules. Quelques semaines plus tard, un petit cadeau, un CD et cette question, du moins cet étonnement : “quoi, tu connais pas Jeff Buckley ?”

J’ai découvert Jeff à une époque où n’existait de lui que Grace, dans les bacs. Le web c’était pour les gros richards tandis que les bootlegs tombés du manteau c’était ok pour Springsteen, les Stones ou Dylan, mais pas pour Jeffrey Scott Buckley. Mon épreuve à moi vient du marché italien, pour être précis. J’ai mis l’album dans la platine puis j’ai du acheter une deuxième copie tant la première fut sollicitée.

Sinon, avant ça je ne connaissais pas. Autrement dit : “avant de connaître je ne connaissais pas”. Ça doit vous le faire aussi, bon. Passons…

Ensuite, on m’a refilé une bio rédigée par Stan Cuesta (salut mec). Et là non plus je ne connaissais pas… tous les petits gigs monstrueux, les rencontres fondatrices, les filiations forcées, les filles et les squats, les labels et les ingé son, les covers et les radios. Ses lubbies. Ses erreurs. Ses trucs à lui quoi.

Qu’importe.
Tu veux savoir le comment du pourquoi qui a fait la genèse de l’épilogue ? Penche-toi sur Sin-é, et chut.
Pas chute. Loin de là.
Même fortement penché.

Document officiel de la trajectoire de cet artiste mort noyé dans les eaux troubles du Mississippi le 29 mai 97, “Jeff Buckley Live at Sin-é” est le symbole de l’ensemble de tout ce qui reste aujourd’hui de son boulot. En fait, si vous mettez “Grace” de côté, seul album studio sorti de son vivant, vous n’avez plus qu’à vous procurez les fameux bootlegs et autres enregistrements radio, balances ou répètes bizarres… tout un programme.

Mais c’est important. Tout change. Fini le son du studio. Fini l’équal. des nineties, le mastering et les arrangements de cordes. Vous entrez dans la forêt vierge, inconnue, luxuriante, inégale et passionnante. Toujours guidé par l’identité du gaziers. Faut y aller, c’est pas donner au premier venu, mais y a rien à regretter, si ce n’est de ne pas avoir connu avant, mais ça… ce sont des foutaises pour des types comme moi qui passent à côté du présent.

Vous entendrez le zzzz d’un ampli auquel faudrait refaire la masse, la gouaille d’un gosse aux yeux plus gros que la voix, une machine à café en train de moudre ou le lave vaisselle incitant Jeff a droper son accordage. Un grain de vie. Un format disparu. Une putain d’âme, chérie…

Pour finir sur les histoires dans l’Histoire, arrivera en mars “You and I”. Je ne connais pas encore (!!!), mais qui d’autre ?… La galette devrait mettre au grand jour une sorte de best-of des bootlegs auxquels j’ai déjà fait référence, fourni de reprises style Bagdad Café et des trucs de quelques unes de ses copines de l’époque (Yard of Blonde Girls super cool). Il vous reste deux mois pour entrer dans la forêt, après ça tout le monde connaîtra.

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