Quand soudain, surgissant de nulle part, deux Hollandais vont te faire tomber en amour pour leur musique. C’est Polar Fever et « 1986 ».
Polar Fever a sans aucun doute gagné le trophée de la meilleure intro de 2018 avec ce western rock arrivant tambour battant dans tes oreilles comme un cheval sauvage lancé au galop dans la poussière. Dès les premières secondes, tu sais que tu tiens quelque chose de spécial, une entrée en matière qui claque comme un coup de fouet et qui te plante direct au milieu du morceau, cow-boy malgré toi.
Cette mélodie a vraiment un charme fou. Après l’intro fracassante, elle change de visage : elle devient plus spatiale, plus onirique, elle prend de la hauteur et s’évapore un peu, mais elle garde quand même cette saveur pleine de Bourbon qui traîne en arrière-plan, comme un vieux relent de saloon qu’on n’arrive pas à secouer. C’est cette bascule qui fait tout le sel du morceau : on passe du galop effréné à quelque chose de plus flottant, de plus suspendu.
C’est comme une histoire d’amour qui débute, un regard entre deux personnes, le fameux crush, ce moment où tout s’accélère puis se fige en même temps, où tu sais déjà que tu vas y repenser plus tard. Polar Fever a réussi à capturer exactement ça en quelques minutes de musique, ce mélange de fébrilité et de vertige qu’on ressent quand quelqu’un vient de nous chambouler sans prévenir.
Ça ressemble donc un peu à du Muse, mais quand il faisait de la bonne musique. Avant les stades géants, les lasers et les concepts un peu trop ambitieux. Ici c’est plus brut, plus sincère, plus proche de l’os. Le titre est extrait de leur premier album, et rien que pour cette intro-là, ça vaut le détour.
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