On aurait tort de croire que ce strip moqueur sur les dérives des réseaux sociaux ne cible que les filles. Soyons honnêtes deux minutes : cette quête insatiable de validation, cette mise en scène permanente de soi, ça concerne tout le monde. Les hommes, les femmes, et si les chats pouvaient poster des selfies avec un filtre vintage, ils le feraient aussi. C’est l’histoire universelle de l’ego qui a faim.
Et qu’en est-il de l’ego du blogueur, au fait ? On ne va pas se mentir : qui veut mes likes ? Qui veut la peau de mon ego ? On se met en scène, on livre des morceaux choisis de ce qu’on appelle l’extimité — cette façon de rendre public ce qu’on a de plus intime — en espérant secrètement un retour, une approbation, un petit cœur rouge qui s’affiche sur un écran. Toi aussi, derrière ton clavier, tu sens ce besoin d’exister à travers le regard de l’autre ?
C’est précisément ce que les Lambrini Girls viennent piétiner avec leur titre ‘Cult of Celebrity’. C’est du punk qui décape, une décharge électrique qui nous rappelle à quel point ce culte de la personnalité numérique est absurde et bruyant. C’est la bande-son idéale pour ce strip où l’héroïne semble être un étrange croisement entre Mulan et Lois Lane, l’une prête à partir au combat, l’autre prête à tout pour le scoop. Sauf qu’ici, le combat, c’est juste de rester soi-même au milieu du bruit



