Montmartre / à la bonne franquette

J’ai rendez-vous à côté du métro Blanche pour rencontrer ceux qui se cachent derrière le nom de Montmartre : Alex (à gauche sur la photo) et Hugo (à droite). Débarquer à Pigalle, ça donne déjà la couleur. A quelques enjambées de la folie du quartier, une petite rue m’offre le calme et j’aperçois déjà Élodie, l’attachée de presse, et Hugo.

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Alex nous attend au studio, il ne sort pas fumer. L’ambiance est détendue et, le temps de finir nos clopes, on parle de l’interview à venir, puis on se dirige vers le studio.

En fait, le truc qui tue ici, c’est que bien qu’ils soient signés chez Barclay, les types ont gardé la main sur la production du son : autrement dit, c’est leur studio à eux, fait-maison, dans un appart’ ! Les mecs se mettent bien. Hugo me fait une petite visite des lieux et me présente du même coup Alex, son comparse. Tout est là pour faire du son, un grand bric-à-brac de guitares, synthés et machines, à l’image de ce qu’ils pensent être leur processus de création, véritable « fourre-tout » où les influences s’entrechoquent.

Les remixes qu’ils ont pu réaliser récemment et donner lieu à leur émergence au devant du public, donnent un bon aperçu de cet esprit.

Leurs parcours respectifs sont très différents. Hugo, musicien depuis tout jeune, est diplômé du Conservatoire de musique de Paris mais, lassé de la musique académique, il commence à jouer de la guitare, pour former un groupe, The Enjoys, avec quelques albums et concerts à la clé. Il collabore ensuite pour produire du son. Alex n’a, quant à lui, aucune formation musicale, mais est devenu DJ, allant de simples mariages aux soirées parisiennes (dont de labels étrangers), dans un registre plus vénère et expérimental (dont de la deep house).

Viendra leur rencontre sur les bancs de la fac de musicologie où, avec quelques potes, ils produisent du son avec les moyens du bord. Le cadre de l’université étant « un peu à l’arrache », ils peuvent disposer de temps pour eux. Ils décident alors de monter leur projet, Montmartre, mêlant acoustique et électronique.

Pour la composition, ils ne samplent pas ou très peu. L’idée, ici, c’est de mélanger des influences, des sonorités qui leur plaisent : bref, un « fourre-tout ». Ils ne veulent surtout pas ressembler à qui que ce soit, juste faire leur son, et le débat est venu autour de la French Touch.

Phoenix, Daft Punk, Empire of the Sun, Jamaica, Air constituent autant d’artistes assimilables à Montmartre, c’est certain. Pour autant, les ranger dans la case French Touch serait un raccourci rapide et plutôt inutile tant l’étiquette est large et sur-exploitée.

En tout cas, leur musique, pleine de fraicheur et de joie de vivre, est à l’image des deux compères. Un son positif, sans prise de tête, qui donne de l’espoir et de l’envie. La recette fonctionne et on attend avec beaucoup d’intérêt leur album à venir, dont les 13 à 14 nouveaux titres sauront, je l’espère, nous donner du plaisir à revendre.

Je vous laisse avec leur premier EP, Inside of Me – un petit air d’été avant que le père fouettard vienne nous secouer les miches.

 

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