Nick Cave and the bad Seeds / Live at Rastatt

Vendredi 1er juillet, accréditation en poche, tout est prêt pour aller voir Nick Cave & The Bad Seeds aux Eurockéennes. Sauf que patatra ! La veille au soir un violent orage a fait des dégâts suffisamment considérables pour tout annuler le jour J. …. envie de pleurer.

Mais qu’à cela ne tienne, je regarde les dates suivantes de la tournée, en trouver une qui fera l’affaire. Hourra ! Ca sera donc le 3 août à Rastatt en Allemagne !

Encore mieux même puisque ce sera dans l’enceinte du Château, magnifique écrin à la hauteur de la prestation du Boss. Et forcément, ce sera plus long que la petite heure de rigueur dans un festival. Aucune déception n’est de mise, tout est en place et je SAIS que le show sera à la hauteur.

Après une petite Pils, c’est parti ! Moyenne d’âge du public, pas loin de la cinquantaine. Bon on sait qu’on est pas là pour voir Jul. Cependant on sait également qu’on est là entre gens de bonne compagnie, entre passionnés tout acquis à la cause.

Nick Cave

20h pétante (Deutsche Qualität), le groupe arrive sur scène et démarre en fanfare avec Get ready for love et il sera beaucoup question d’amour durant les deux heures trente hors du temps. En effet on sait Nick Cave passionné par tous ces chanteurs pasteurs ou fils de, les Ottis Redding, les Marvin Gaye ou encore Al Green. Le chanteur est tout de bienveillance malgré la noirceur de la plupart des morceaux. Il donne de sa personne, il prêche, est en communion totale avec son public, vient constamment à son contact, empoigne des mains par dizaines comme pour apposer sa bénédiction. Ses 65 ans ne se font jamais sentir et au contraire montre une patate d’enfer, bouge comme un beau diable, crache beaucoup sur scène (?!) .

Alors certes il a l’âge d’être mon père ou même le grand- père de certains d’entre vous. Mais putain un papy comme ça….

S’enchaînent les titres enflammés (mention spéciale à From her to Eternity, Jubilee Street ou Tupelo) et les ballades cathartiques – on sait le drame vécu par Nick Cave il y a quelques années et dont sa musique est empreinte depuis .

Le show se clot en beauté face à la lune après deux rappels et un Jack The Ripper vénéneux.

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de Voir Nick Cave en concert, c’est juste la classe à Dallas, une présence scénique incroyable. Et pour ne rien gâcher il maîtrise sa voix comme jamais. Il chante, certes, mais aussi il éructe, crie, susurre, parle, conte, hurle à la mort, cajole…

Sur scène, ils sont dix, dont trois choristes gospel qui viennent ajouter au sentiment d’assister autant à une messe enfiévrée, une transe collective, qu’à un concert.

Des Bads Seeds originaux ne reste que son fidèle et merveilleux acolyte Warren Ellis.

Seul petit bémol, mais là, on chipote, c’est qu’on a pas forcément le droit à tous ses morceaux préférés, malgré la longueur du spectacle. Donc pour moi, pas de Stagger Lee, de The Good Son, ni de Weeping Song… Malgré tout la part belle est faite aux premiers albums et il faut bien dire qu’en quarante ans de carrière le répertoire est si immense et d’une qualité incroyable, juste une oeuvre majeure de la musique moderne. Je sais bien ne pas être totalement objectif tant je suis fan absolu, mais tout de même, combien de chanteurs/groupes peuvent tenir la comparaison sur une telle durée ?

Alors s’il passe non loin de chez vous, offrez-vous un ticket pour un morceau d’éternité.

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