On va pas se mentir, la plupart des trucs qui sortent de Los Angeles en ce moment sentent le plastique et l’opportunisme. Mais là, je viens de tomber sur Pollyn et leur nouvel album, How Small We Are. Et pour une fois, on ne nous prend pas pour des jambons.
Le trio (Adam, Jason et la chanteuse Genevieve Artadi) nous balance une espèce de synth-pop décharnée qui te chope par les tripes sans jamais hausser le ton. C’est le genre de disque qui te donne envie de rouler de nuit sur le périph, seul, en te demandant ce que tu fous de ta vie.
De l’électro avec une âme (si, ça existe)
Le morceau titre, How Small We Are, c’est une petite claque. La voix de Genevieve est perchée là-haut, fragile mais directe, sur une nappe de synthés qui semble sortir d’un vieux film de science-fiction foiré des années 70.
Ce qui me plaît, c’est que ça ne cherche pas l’efficacité radio à tout prix. C’est minimaliste, c’est trippy, et ça a cette élégance lo-fi qui manque cruellement à la pop actuelle. Ils mélangent des beats dub, des guitares qui flottent et des textures bizarres sans que ça ressemble à une bouillie expérimentale pour étudiants en art.
Le verdict
C’est beau, c’est mélancolique et ça porte bien son nom : on se sent tout petit en écoutant ça. Si tu cherches un truc pour danser comme un idiot en club, passe ton chemin. Si tu veux de la musique qui a du relief et qui ne te caresse pas dans le sens du poil, Pollyn est ton nouveau meilleur ami.
L.A. a enfin trouvé un groupe qui n’a pas peur de l’ombre.



