PRIMETIME, avec Robert Pattinson

La nouvelle production A24 est arrivée sur nos écrans en France le 23 septembre. Il s’agit du premier long-métrage de Lance Oppenheim, qui généralement fait plus dans le documentaire. On s’est penché dessus, et on va vous expliquer pourquoi on a kiffé.

SHOWTIME

Primetime narre l’histoire de l’émission « To Catch a Predator », et de son host Chris Hansen. Programme qui comme son nom l’indique, montre un travail d’infiltration dans le but d’attraper et de montrer aux yeux de tous des prédateurs sexuels. On suit donc Hansen dans une course effrénée, dans une quête au service de l’image, en se demandant jusqu’où il est prêt à aller pour son show. Tout en essayant de tabasser la série Lost, qui passe à la même heure sur la concurrente ABC. Le film accompagne aussi l’équipe de prod bordélique de ces émissions, et la venue d’un nouvel arrivé, Dan Plum, un acteur au visage juvénile qui veut se lancer dans le grand bain mais qui se retrouve à jouer les appâts pour attirer du pédo. Petite plongée dans la trash TV des années 2000 en somme, et son voyeurisme le plus profond.

Et putain que c’est bien rythmé. Visuellement beau par moment, et incroyablement gênant à d’autres. On retrouve beaucoup de plans à la camera épaule, qui nous permet de nous intégrer au plus près du façonnage de ces émissions crades, mais aussi énormément de gros plans mettant le spectateur sous tension en montrant intimement les émotions des personnages au réalisme bien trop dérangeant. A noter aussi les nombreux plans fixes aux caméras VHS pour une immersion totale, et les quelques plans tournés sur pellicule qui apportent une ambiance singulière. La soundtrack de Ari Balouzian accompagne plutôt bien de son côté le travail de David Bolen à l’image. Les deux participent allègrement à une montée en pression qu’on est content de voir se terminer.

Une statuette pour Robert?

Si tout va bien, Pattinson sera nommé aux oscars cette année. Le boug est partout cette année. Die My Love, The Drama, L’Odyssée, Primetime, et bientôt Dune 3. Si ce n’est pas pour un second rôle dans les super productions de Nolan ou Denis Villeneuve, il aura ses chances pour Primetime tant il porte le film. Chris Hansen est prêt à tout, et le Rob se mue parfaitement à ce rôle qu’il en devient flippant. Devient-il une bonne personne en faisant le « bien » à la télévision? Il n’en reste pas moins à la recherche du gros coup, d’une « baleine ». Quelque chose de bankable qui fera de son émission le monument qu’il pense être. Cette course obscène à l’indécence créée notamment par la NBC elle même montre les différentes facettes d’un personnage alambiqué, et c’est là où la palette d’acteur d’un Pattinson est intéressante. L’ex vampire au spleen latent et à la gueule d’ange jouit d’une filmographie aux rôles totalement antinomiques. Un Batman emo crédible, une petite frappe sans aucune limite dans Good Time ou en gentil con dans Mickey 17, le britannique de maintenant quarante balais peut tout jouer. Et on espère sincèrement le voir nommé à la 99e cérémonie des oscars tant son année est belle. Et ce n’est pas fini, puisqu’il n’y a que deux petits mois pour voir la trilogie Dune prendre fin.

A noter l’efficacité de Merritt Weaver pour lui donner la réplique en productrice excédée à la patience limitée. Sans oublier les très bons débuts d’une discrète Phoebe Bridgers qui a d’ailleurs signé le génial « On Video » présent au générique. (Y’a t-il quelque chose qu’elle ne sache pas faire, d’ailleurs?). Et il faut aussi s’arrêter cinq minutes sur la performance de Skyler Gisondo, l’éternel gamin de la télé qui signe probablement ici le rôle qui va faire péter sa carrière. Du moins on l’espère. Chaque seconde de son temps à l’écran est bonifié par sa justesse et on espère sincèrement qu’il aura des propositions différentes à l’avenir. Et sinon pour reparler un peu musique, on vous conseille la douce collab entre Phoebe Bridgers et Gisondo pour le clip de « Lost Boys », dirigé par… Lance Oppenheim, tiens tiens tiens.

Encore un hit pour A24

Après deux semaines d’exploitation, le film a déjà rapporté le double de son budget, avec pourtant un sujet lourd et qui fâche. (Coucou Donald, on attend toujours de la transparence dans les fichiers Epstein). Le film est bon, pas très long et vaut vraiment le coup d’œil. La société de prod New Yorkaise montre qu’elle a encore de beaux restes et qu’il va falloir toujours compter sur elle pour mettre quelques mandales dans le paysage audiovisuel.

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