Ptite Sœur & Femtogo sortent “PRETTY DOLLCORPSE”, le hip hop indé dans le noir complet

Sur PRETTY DOLLCORPSE, sorti la semaine dernière, Ptite Sœur et Femtogo débarquent comme deux fantômes dans un hangar industriel, guidés par les instrus sombres et oppressantes du producteur belge Neophron. Les beats claquent comme des portes de métal, les basses suintent la peur cachée sur soundcloud et parfois, au détour d’un sample de film d’horreur ou d’un mème d’internet, tu sens presque le souffle d’un démon sur ta nuque ou des pas dans une rue vide.

PRETTY DOLLCORPSE, c’est. Bon tu vois Maitre GIMS et bien c’est vraiment l’exact opposé

Mais sous cette ambiance lugubre, il y a un vrai sens de l’écriture. Des punchlines tranchantes, souvent ironiques, parfois absurdes, qui rappellent Fuzati pour le goût de l’autodérision et le verbe acide :

« Là, c’est l’Joker et Queen libérés d’l’Asylum
Poussière de silicium dans le bibi des mômes
Nasty comme si j’sortais d’Ace Chemicals
Double life, j’la vis depuis mes nine
J’danse pas dans le bacha bazi
Fat pig étale ses billets partout
Comme Haman, il achète tous les mômes de la ville
J’ai pas raté un seul de ses Diddy move »

Ca sort de l’ego trip pour évoquer la trans identité, la prostitution, la précarité et la violence. Il faudrait que j’aille choper les paroles car ça mérite une analyse poussée. Le flow, lui, est vif, nerveux, quasi mécanique, au point que certaines phases passent comme un murmure dans un orage ou comme une vanne dans une soirée (pas sur de celle la). Ce n’est pas un disque qui cherche à plaire, c’est un disque qui griffe, qui suinte la violence et la noirceur.

Le résultat ? Un disque qui ne cherche pas la lumière, mais qui brille quand même dans le noir. Je ne suis pas très pointu niveau rap indé mais si c’est comme PRETTY DOLLCORPSE ça m’intéresse.

 

Et en bonus, voici une session live enregistrée pour GRUNT

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