Territoire hostile : La cloche des beaux-parents sonne avec AC/DC
Le week-end chez les beaux-parents, c’est un film dont tu n’as pas choisi le scénario. Dès que tu franchis le seuil, tu sens ton identité d’adulte responsable s’évaporer pour redevenir ‘le gendre’ ou ‘la bru’. Tu es celui qui doit se souvenir du nom du chien, celui qui doit rire aux anecdotes de 1984 et surtout, celui qui ne doit pas faire de vagues. Le temps s’y écoule différemment : une heure de jardinage avec le beau-père en paraît douze, et le silence de la campagne devient assourdissant pour tes oreilles de citadin.
Et c’est là, au moment où la première cloche du village retentit le dimanche matin, que ‘Hells Bells’ de AC/DC commence à jouer dans ton crâne.
Cette intro mythique, ce son de cloche funèbre qui pèse des tonnes, c’est exactement l’ambiance de ton arrivée le vendredi soir. Puis, le riff de guitare d’Angus Young démarre, sec et implacable, comme la liste des tâches qui t’attendent (aller chercher le pain, tondre la pelouse, trier le grenier). Brian Johnson hurle ta frustration contenue : tu es là, prisonnier d’un protocole familial dont tu ne possèdes pas les codes, naviguant entre le buffet de la cuisine et le salon aux rideaux de dentelle. C’est du rock pur, de l’énergie brute pour te rappeler que, même coincé entre une tarte aux pommes et une discussion sur la météo, ton âme reste rock’n’roll.



