Reality Awaits – The Strokes (ou la fin de la route ?)

Reality Awaits – The Strokes

J’ai fait le taf. Deux écoutes intégrales, d’un bout à l’autre, sans sauter de piste, pour être sûr de ne pas passer à côté du sujet. Bilan ? Reality Awaits de The strokes est un album intrigant, parfois franchement réussi sur l’ambiance, mais saboté par un choix de production vocale incompréhensible.

Une atmosphère de fin de cycle

Ce qui saute aux oreilles dès les premières minutes, c’est que The Strokes essaie d’innover même si ils ont repris le libertarien Rick Rubin (qui n’a pas l’air d’être un type si bien que ça au passage). On oublie l’énergie brute et immédiate des débuts pour quelque chose de nettement plus sombre, plus atmosphérique et indiscutablement plus mélancolique. Il y a cette sensation étrange d’un groupe qui contemple sa propre fin. Julian Casablancas et sa bande sonnent comme des cow-boys fatigués qui chevauchent vers le coucher de soleil après une dernière aventure. C’est moins addictif au premier abord, mais cette prise de risque sur l’humeur globale est intéressante, charmante je sais pas mais intéressante.

Côté instru, l’essence est là : on retrouve ce flegme légendaire, ce côté « branleurs de classe internationale » qu’on aime chez eux. Les guitares sont ciselées. Alors certes, il n’y a pas de morceaux ultra addictif mais on n’est pas obligé d’en avoir à chaque fois (même si c’est mieux, je tente d’être indulgent).

Le naufrage vocal : IA, autotune et fausses notes

Sur une bonne partie du disque, les effets appliqués à la voix de Julian sonnent plats, artificiels, presque générés par une IA façon Suno comme sur « Going Shopping » et « Falling out of love ». Ça dénature complètement l’incarnation du morceau et ça gâche le plaisir. Et quand il décide de tomber le masque et d’enlever l’autotune, c’est l’autre extrême : c’est beaucoup trop faux. Le plus frustrant, c’est que le groupe sait encore y faire. Prenez un titre comme Fruit of Contest : la voix y est plus naturelle, fidèle à ce qu’on attend de Casablancas. Alors pourquoi ce grand écart le reste du temps ? Volonté d’expérimenter ? Recherche artistique qui m’échappe ?

Pour moi, la règle du jeu en musique est simple : un bon album est un album sur lequel on revient. Un disque qu’on a envie de relancer quelques semaines ou quelques mois plus tard. Je ne réécouterais pas « Reality Awaits ». Voila

 

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