Régis à la plage

Il y a ceux qui surfent sur les vagues de la modernité pop avec une grâce insolente, et puis il y a Régis.

Régis a vu de la lumière. Il a entendu dire que la country-pop irlandaise était le nouveau eldorado critique. Alors, fidèle à lui-même, Régis a voulu « en être ». Le problème, c’est que Régis confond la profondeur d’un raz-de-marée émotionnel avec une flaque d’eau. Quand le nouvel ouragan de Dublin, CMAT (Ciara Mary-Alice Thompson), balance son titre magistral « When A Good Man Cries », Régis ne cherche pas à comprendre la marée. Il prend de l’élan, ferme les yeux, et plonge la tête la première… en plein dans le sable sec.

Autopsie d’un naufrage culturel face à l’un des morceaux les plus brillants de ces dernières années.

Le contresens total : Régis face au génie de CMAT

CMAT, c’est l’anti-folk-pop lisse par excellence. C’est une artiste authentique, dotée d’un humour féroce, d’une voix qui brise les vitres et d’une écriture d’une lucidité terrifiante. Dans « When A Good Man Cries », elle déploie une orchestration grandiose, un crescendo dramatique qui vous prend aux tripes, tout en disséquant les dynamiques toxiques et les larmes de crocodile avec une ironie mordante.

Qu’a compris Régis ? Rien. Évidemment.

  • Ce que CMAT chante : Une critique acerbe et théâtrale des faux-semblants masculins sur fond de pop orchestrale digne des plus grands thèmes de James Bond version Nashville.
  • Ce que Régis a capté : « Ah, c’est sympa, ça bouge bien, on dirait du Dolly Parton pour l’Eurovision ! »

Régis est resté sur la plage à regarder l’écume. Il n’a pas vu la vague de fond, celle du second degré et de la subversion. Il s’est jeté sur le rythme entraînant comme un labrador sur un frisbee, sans réaliser que le sable qu’il est en train de bouffer, c’est celui de sa propre incompréhension.

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