Shabazz Palaces -« The King’s New Clothes Were Made By His Own Hands »

Shabazz Palaces -"The King's New Clothes Were Made By His Own Hands"

En 2011, le hip-hop vit une mutinerie sonore. Alors que les radios repassent en boucle des productions calibrées pour les clubs, le duo de Seattle Shabazz Palaces débarque sur le mythique label Sub Pop avec une proposition radicale, cérébrale et complètement déconstruite.

Premier extrait marquant de leur album Black Up, le morceau au titre à rallonge « The King’s New Clothes Were Made By His Own Hands » s’impose immédiatement comme un manifeste d’avant-garde.

La déconstruction totale des codes du rap

Mené par Ishmael Butler (alias Palaceer Lazaro, ancien membre des légendaires Digable Planets), Shabazz Palaces ne cherche pas à plaire. Il cherche à déstabiliser.

Sur « The King’s New Clothes Were Made By His Own Hands », la structure traditionnelle (couplet/refrain) vole en éclats :

  • Une production organique et spatiale : Percussions décalées, basses dub étouffées, bruits de clés, boucles minimalistes… Le beat refuse la linéarité pour créer un groove élastique et poisseux.
  • Un flux vocal hypnotique : Butler pose son flow avec une nonchalance tranchante. Les paroles, cryptiques et poétiques, dénoncent le vide esthétique de l’industrie musicale et l’illusion du succès commercial (une référence directe au conte d’Andersen rappelée dans le titre).

Une esthétique dub/jazz futuriste : La signature sonore emprunte autant au dub jamaïcain qu’au jazz libre et à la musique concrète.

Pourquoi c’est une pièce maîtresse de 2011

En signant chez Sub Pop — label historiquement grunge et indie rock —, Shabazz Palaces a prouvé en 2011 que le rap alternatif n’avait plus besoin de demander la permission aux majors pour imposer ses propres règles.

 

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