Surface, Echo & Sound, le 8e album d’Editors

Tom Smith et sa bande nous livre (déjà) leur huitième LP, en plus de vingt ans de carrière. Qu’est-ce qu’on peut encore attendre des mecs de Birmingham, sachant qu’ils n’ont plus rien à prouver?

On va arrêter la zumba tout de suite. Editors fait partie de mes groupes favoris. Et ce, depuis une sombre soirée au milieu des années 2000 à comater devant M6 Music. Soirée rock indé, les parents sont couchés. On profitait de la télé comme on pouvait. L’étincelle est venue en tombant sur « The Racing Rats ». Petite claquasse dans la tronche. Un clip chelou, un Tom Smith envoutant, et un riff inoubliable. C’est comme ça que deux décennies plus tard, dès que les jours raccourcissent, que je retourne à mes premiers amours et que les oreilles trouvent refuge vers l’un des groupes qui m’ont initié au post-punk. Bon, tout ça pour vous dire que l’on va tenter d’être objectif et que mon avis ne fera pas office de vérité universelle. (non, je rigole).

Surface

Dès la première écoute, vous avez dû remarquer un léger changement par rapport à EBM, le rejeton d’avant, paru en 2022. Le départ de Blanck Mass saute à la gueule d’entrée. Exit les sons électro qui flirtent avec l’indus. Les morceaux qui s’enchainent ici sont plus longs. Plus organiques. Et reviennent à quelque chose qu’Editors avait réussi à faire sur « The Weight Of Your Love » après le ras de marée « In This Lights And On This Evening ». Il est dur de subsister pour un groupe, d’autant plus quand on jongle avec des styles différents selon les albums.

On ne va pas mentir. Les premiers singles ne nous avaient pas faits sauter au plafond. Attention, ce n’est pas nul. Mais simplement un grand écart à gérer avec un petit mouillage de nuque en prime en se souvenant des dernières prod qui étaient sombres, electro, parfois dansantes. « Call It In » a un petit quelque chose. Ce côté pop dont Smith à le secret, couplé à une guitare beaucoup moins électrique que par le passé. C’est donc dans cet encrage que « The Rush » et « Seriously » se sont inscrits. Et on va te dire pourquoi c’est normal.

Echo

C’est simple. Il suffit de jeter une oreille à  » There Is Nothing in the Dark That Isn’t There in the Light « , le projet solo du frontman sorti l’hiver dernier. (on l’avait d’ailleurs vu sur scène à cette occasion). On sentait le désir de revenir à quelque chose de plus simple. De prendre une guitare. Tester des accords. Voir ce qui marche. Et surtout, ce qui fait du bien. Et il faut le prendre comme ça, cet album. Sans bouder son plaisir. On voit qu’ils estiment avoir fait le tour de leur période électronique. On a donc un opus sans synthé. C’est étrange de les retrouver sans cet artifice qui ont fait d’eux une pierre angulaire du post-punk, mais aussi un soulagement de les voir kiffer tenter des choses. Avec la volonté de ne jamais sortir deux fois la même chose.

Les deux pépites de l’album se trouve du coté de « Happiness » et « Much Love ». Elles font briller tous ses membres à commencer par le travail de Justin et et Elliott à la guitare avant de laisser étinceler Ed Lay à la batterie. Sans oublier Tom au chant qui alterne les tessitures avec brio. Seul Russell à la basse se fait discret, mais il se rattrape d’entrée sur la huitième track, dont il fait vibrer l’intro en solitaire. Ces deux morceaux ont un côté très 90’s assumé qui pourrait nous ramener à des années charnières comme The Cure a connaitre. Pas anodin si certaines sonorités vous conduisent à Robert. D’un Smith à un autre…

Sound

C’est avec une certaine fragilité qu’Editors signe son retour. L’album est bon. Consistant et malgré tout différent. Et on ne sait même pas quelle place il occupera dans une discographie déjà pourvue d’une densité folle. Ce que l’on sait par contre, c’est qu’on a hâte de les voir sur scène. On vous dirait bien d’aller les voir lors de leurs deux dates françaises en janvier prochain mais c’est semble t-il complet. Et on est plutôt fier de voir que ce groupe hypnotique et généreux arrive toujours à toucher son public.

🔥 Ne ratez aucune pépite indé

Suivez AnotherWhiskyForMisterBukowski sur Google News pour retrouver nos chroniques et récapitulatifs directement dans votre flux.

+ Suivre sur Google News

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *