Teenage Bad Girl – X Girl (feat Rye Rye official video music)

Teenage Bad Girl

On ne va pas se mentir : en cette année 2011, l’électro française commence sérieusement à tourner en rond. Entre la pop-dance formatée qui squatte les ondes hertziennes et les producteurs qui tentent désespérément de copier la formule magique de Justice sans en avoir le génie, le paysage est devenu un peu trop propre, un peu trop lisse.

Heureusement, il reste des activistes de l’ombre pour secouer le cocotier. Signés sur Citizen Records, le label de l’indéboulonnable Vitalic, Guillaume Manbell et Greggae , alias Teenage Bad Girl , viennent de lâcher une bombe thermonucléaire intitulée « X Girl », premier extrait de leur deuxième album très attendu, Backwash.

Et pour l’occasion, ils ne sont pas venus seuls : ils ont invité la tornade de Baltimore, Rye Rye, à poser son flow dévastateur sur leurs machines surchauffées.

Le choc des cultures : Baltimore Club et French Touch 2.0

Le premier album de Teenage Bad Girl, Cocotte (sorti en 2007), avait posé des bases solides : un son brut, lourd, fortement influencé par la techno allemande et la distorsion analogique bien grasse. Avec X Girl, le duo franchit un cap de maturité assez impressionnant sans pour autant perdre son âme de garnement de l’électro.

La grande idée de ce morceau, c’est l’association avec Rye Rye. Protégée de M.I.A., la rappeuse insuffle une énergie brute, quasi tribale, typique de la scène Baltimore Club.

Là où d’autres auraient pondu un beat pop passe-partout pour plaire aux radios, Teenage Bad Girl fait exactement l’inverse :

  • Une ligne de basse lourde, poisseuse et ultra-saturée qui cogne dès les premières secondes.
  • Des kicks syncopés qui cassent le rythme traditionnel de l’électro-house à la française.
  • Des cuts chirurgicaux et des samples vocaux triturés dans tous les sens.

Le flow ultra-rapide et saccadé de Rye Rye s’imbrique parfaitement dans cette architecture sonore chaotique. Ce n’est pas juste un morceau d’électro avec une voix posée par-dessus pour faire joli ; c’est un véritable bras de fer entre deux univers qui ne demandaient qu’à exploser ensemble.

Un clip visuel sous acide et esthétique VHS

Le clip officiel qui accompagne le morceau est à l’avenant : une agression visuelle totale, loin des standards léchés des productions de majors.

[Image du clip X Girl de Teenage Bad Girl]

La vidéo joue à fond la carte de la nostalgie lo-fi et de l’esthétique glitch :

  1. Le revival VHS : Des textures baveuses, des lignes de tracking instables et des couleurs hyper-saturées qui rappellent les vieilles cassettes analogiques des années 90.
  2. La frénésie du montage : Rye Rye crève l’écran, entourée de danseurs désarticulés, le tout rythmé par des effets stroboscopiques, des collages numériques sauvages et des bugs d’image volontaires.

C’est sale, c’est rapide, c’est punk. Bref, c’est exactement ce qu’il fallait pour illustrer l’urgence du morceau. Le réalisateur a compris que pour illustrer la musique de Teenage Bad Girl, il fallait un visuel qui donne l’impression que ta carte graphique est en train de rendre l’âme.

Verdict : L’électro française en a encore dans le ventre

Avec X Girl, Teenage Bad Girl prouve que la saturation n’est pas une mode passagère de la fin des années 2000, mais un art à part entière. Le duo parisien livre un morceau qui s’écoute fort, très fort, et qui s’impose déjà comme le futur hymne des clubs alternatifs cet été.

Si tout l’album Backwash est de cette trempe, on tient là l’un des disques majeurs de 2011 pour tous ceux qui aiment leur musique électronique sauvage, authentique et sans concession.

Et vous, vous en pensez quoi de ce retour de Teenage Bad Girl ? Le flow de Rye Rye sur de l’électro-trash à la française, ça passe ou ça casse ? Exprimez-vous dans les commentaires !

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