The Visit / la critique

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 Faut pas pousser Mémé dans les orties…

En 1999, deux films radicalement différents avaient marqué les esprits : Le Projet Blair Witch, found footage génial qui rapporta des millions et remit au goût du jour la caméra subjective au service de l’angoisse et Sixième Sens, film au twist cultissime, qui révéla son réalisateur, Night Shyamalan, dès lors considéré comme un maître de l’angoisse. Quinze ans après, il est troublant de constater que ces deux films qui ont lancé respectivement l’essor du genre du found footage et la carrière de Shyamalan ont été à l’origine du pire comme du meilleur. Si le point de vue subjectif de Cloverfield ou de Chronicle a su bousculer les codes de films de djeun’s, les Paranormal Activity, Projet X ou autres Black Storm nous ont souvent fait regretter que la caméra de Blair Witch ne soit pas restée enterrée dans la forêt. Le réal du Sixième Sens , quant à lui, nous a certes fait frissonner avec Le Village, mais nous a très vite déçu avec des pitreries nanardeques comme Phénomènes, avant de s’atteler à des blockbusters d’action comme le médiocre Le Dernier Maître de l’air. Après l’échec critique et commercial d’After Earth (injustement décrié à cause du rejet de Will Smith et de sa filiation), il a donc décidé de s’atteler à la réalisation d’un found footage auto-produit : The Visit. Ce nouveau projet, marque-t-il donc le retour aux sources du maître de l’angoisse ? Le retour à un petit budget ( 5 000 000 de dollars contre les 130 000 000 d’After Earth) signe-t-il son retour en grâce ?

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Le pitch : deux adolescents débordants d’énergie et de créativité vont rencontrer pour la première fois leurs grands parents, avec qui leur mère a rompu les liens depuis quinze ans, et passer une semaine chez eux en Pennsylvanie. Becca, apprentie cinéaste de quinze ans emmène donc sa caméra chez pépé pour réaliser un documentaire sur ses étranges retrouvailles. Autant le dire d’emblée, le concept de la caméra subjective marche vraiment et suscite dès le début une curiosité pour l’intrigue :en effet, les deux jeunes et talentueux acteurs Olivia DeJonge et Ed Oxenbould nous emmènent, avec fraicheur et subtilité, en immersion dans l’atmosphère familiale, thématique chère à Shyamalan (Signes, Le Village, Sixième Sens). Petit à petit, alors que le fossé intergénérationnel s’emplit de pâte à gâteaux et de chocolats chauds, les deux ados vont assister à des phénomènes étranges : leurs grands-parents commencent à faire des choses un peu louches et expliquent leurs débordements uniquement par leur pathétique sénilité. Qu’en est-il vraiment des ces troubles inquiétants ?

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Et bien, autant le préciser dès maintenant, ce n’est pas à l’angoisse mais bien le rire qui est au rendez vous de ce long métrage : car quand Mamie gratte les murs, se balade fesses à l’air ou poursuit cheveux en bataille ses petits enfants dans les souterrains, c’est un bon moment de rigolade. L’on attend durant très longtemps, tout le film il faut bien le dire, l’argument fantastique qui fera décoller la gentillette historiette réaliste …Sans pour autant vous spoiler, la fin s’avère très décevante, et vous aurez très facilement deviné dès les premiers indices ce scénario très simpliste. Point d’angoisse ni de frissons mais encore plus de rires et de ridicule dans cette séquence finale lourdissime, où les petits conflits intérieurs des enfants se trouvent enfin surpassés. Heureusement c’est une ado de quinze ans qui a fait ce documentaire, ça serait un grand réalisateur ça me ferait un peu de peine pour lui…

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Bilan : Un film regardable qui ne transcende ni le genre du found footage ni la carrière de son réalisateur , mais qui promet de bons moments de rigolade chez Pépé et Mémé….

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