WHISKY OR NOT WHISKY #5 / TRICKY ET LCD SOUNDSYSTEM

WHISKY…

Alors que l’automne est à nos portes, la sortie du nouveau LP de Tricky, Ununiform, annonce un bel été indien à nos musiques actuelles. Un bon cru, digne d’un bourbon fort en bouche. En revanche, American Dream de LCD Soundsystem reste la déception alternative et musicale de ce mois de Septembre. Un malt brassé qui a perdu l’amertume et la saveur des précédents albums.

Nous sommes fin Juillet. Everything Now vient de sortir dans les bacs. Tandis que j’attendais le dernier album des néo-canadiens d’Arcade Fire pour la rentrée des classes, les fans sont pris de court. La bande à Win Butler – co-leader du groupe avec sa compagne Régine Chassagne – coupe l’herbe sous le pied des critiques et de nombreux médias.

En plein milieu de l’été, Aracde Fire nous régale avec un album somptueux et très réussi dont le panel multi-instrumentiste parvient à rendre un opus au genre hybride et aux contours éclectiques. Entre Rock indé, ballades et Rock steady, cet album est un savant cri d’alarme politique face à nos sociétés consuméristes.

 

D’où ma question : Everything Now n’était-il pas le véritable album d’une rentrée haute en couleurs ? Que nenni. Un maître du Trip Hop vient de rempiler avec un treizième album : Tricky.

Ancien membre du collectif Massive Attack, Adrian Thaws (de son vrai nom) revient avec un LP sombre et parfois inquiétant. En plus de l’intro Obia, chacun des douze morceaux transporte l’auditeur dans un univers profond. Plus exactement : dans les limbes de l’âme écorchée-vive de Tricky.

Dans sa globalité, ce dernier nous livre un album brut et primitif, dont le minimalisme revient à l’essence même d’une musique qui nous prend aux tripes.

Au choix, des morceaux tels que Wait For Signal, It’s Your Day et Blood Of My Blood vous mettront une sorte de rage au ventre ou – à l’inverse – une sensation d’écœurement.

Comme à l’accoutumée depuis l’album Mixed Race (sorti en 2010), Tricky est notamment accompagné par l’une de ses muses, Francesca Belmonte, dont la voix suave et envoutante attise les fantasmes secrets d’un auditeur averti.

TRICKYEn bref : le minimalisme électronique de Ununiform, allié à la voix rauque et à la verve brutale de son créateur, ne vous laisseront en aucun cas indifférent. Bien au contraire, vibes et texte provoqueront en vous une envie de boire cul-sec un alcool fort – et donc un whisky amer – tout en réfléchissant à votre condition d’être humain dans un monde étranger qui vous entoure.

… NOT WHISKY

A l’inverse, l’actualité musicale est marquée ce mois-ci par le retour d’un groupe que j’affectionne d’ordinaire : LCD Soundsystem, emmené par son leader James Murphy. Néanmoins, American Dream s’apparente plus à un album redondant, dont les dix titres sont vus et revus dans leur composition. Au final, le Rock indépendant de LCD Soundsystem n’a-t-il pas souffert de la séparation de son quintet pendant plusieurs années ?

Depuis l’annonce de la re-formation du groupe en 2015, mon impatience était grandissante quant au retour de LCD Soundsystem. Pour rassasier ma faim gargantuesque de Post-Punk et d’Electro-Pop, j’avais du patienter – entre autre – avec le très moyen Juan MacLean Project de Nancy Whang, la claviériste du band.

Le problème d’American Dream est le suivant : si certes nous y ressentons les influences chères à James Murphy (je pense notamment aux touches post-Disco), les accords et le sampling sont réutilisés – ou recyclés – par pure fainéantise ou simple conformité.

Cet album est en fin de compte un vulgaire « copier/coller » de ce que LCD Soundsystem a déjà fait par le passé. A la première écoute, l’auditeur féru ne pourra s’empêcher de penser : « Tiens donc, je suis en train de réécouter Sound Of Silver ou This Is Happening ?!?« 

Prenez un morceau comme Tonite, où James Murphy (dans le clip) s’improvise journaliste récitant un type de « reportage » : son leitmotiv musical et répétitif vous renverra à des instrumentales qui furent autrefois triturées dans le mix 45:33 ou encore dans le deuxième album Sound Of Silver.

De même, Call The Police – qui est vraisemblablement le tube du LP – surfe sur la thématique controversée des attentats de Berlin.

En effet, et si certes le texte dénonce la tragédie puante des attentats terroristes en Europe, la chanson semble également rendre hommage aux forces de police de manière générale (avec tout ce qui y est rattaché…).

Ainsi, le propos sonne étrange pour un groupe qui se revendique comme étant l’un des héritiers du mouvement Punk…

En synthèse : American Dream plaira certainement aux néophytes du genre ou à ceux qui découvriront avec plaisir LCD Soundsystem. Pour les puristes : passez votre chemin, en espérant retrouver une certaine originalité dans les années à venir…

En attendant, et si vous êtes toulousain, je vous conseille plutôt de vous arrêter au bar The Petit London, Rue Riquet. Son patron Vania vous y accueillera avec plaisir, armé de sa meilleure bouteille de Jack. Vous pourrez y déguster du Rock Indé, du vrai, à grands renforts de Stray Cats, de Dead Kennedys ou encore de Sex Pistols : « Anarchy in the UK ! »

J.M.

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