Reykjavíkurdætur t’offre 30 minutes de live et ça envoie de la paupiette.
Reykjavíkurdætur c’est un collectif de hip hop islandais que j’adore. Elles pétillent la musique. Je veux dire par là que c’est un véritable feu d’artifice. C’est à la fois frais et old school. Le sept est carré mais laisse place à la spontanéité.
Elles sont heureuses d’être ensemble. Elles sont irrévérencieuses. En bref elle défonce le game et il faut que ça soit dit bien fort et bien haut. Le live a été enregistré par l’excellente radio KEXP lors du island airwaves festival.
Si j’ai bien compris, elle devrait sortir un album dans le courant de l’année. Je vous tiendrais au courant bien évidemment.
La bio Reykjavíkurdætur (Daughters of Reykjavík)
Quand on te dit « Islande », tu penses à quoi ? À des geysers, à la pop éthérée de Björk pour fins de soirées bobos, ou au dernier groupe d’indie-folk barbu qui chante la mélancolie des fjords. Oublie tout ça. Range tes clichés au placard, parce que quand les meufs de Reykjavíkurdætur (ou Daughters of Reykjavík pour ceux qui ont séché les cours de langues nordiques) débarquent, c’est pas pour te susurrer des berceuses près du feu. C’est pour tout cramer.
Né en 2013 autour d’une scène libre dans un bar de Reykjavik, ce collectif de rap 100 % féminin a commencé comme un joyeux bordel militant avant de devenir une véritable machine de guerre. Le concept de départ ? Un clan ouvert, à géométrie variable (elles ont été jusqu’à 19 sur scène, imagine les fiches de paie et la logistique des balances), qui s’est aujourd’hui stabilisé en un noyau dur d’une petite dizaine de performeuses prêtes à mordre.
Musicalement, ça donne quoi ? Un hip-hop lourd, ultra-énergétique, teinté d’une insolence brute qui ferait passer pas mal de rappeurs masculins locaux pour des enfants de chœur. Ça kicke en islandais et en anglais, sur des prods massives qui oscillent entre la trap agressive et l’électro-pop bien poisseuse.
Mais ce qui fait le sel de Reykjavíkurdætur, c’est leur plume et leur attitude. En Islande, un pays souvent fantasmé comme le paradis de l’égalité, elles ont pointé du doigt ce que beaucoup préféraient ignorer : le sexisme ordinaire, la culture du viol et le puritanisme ambiant. Leurs textes parlent de liberté sexuelle, de politique, de body-positivity, le tout balancé avec un second degré salvateur et une absence totale de complexes (le titre de leur EP Shrimpcocktail ou leur morceau Sweets annoncent bien la couleur). Forcément, une armée de meufs ultra-badass qui s’approprient les codes d’un genre ultra-masculin, ça a crispé les conservateurs locaux et les puristes du rap. Autant te dire qu’on adore.
Sur scène, c’est une claque monumentale. Oublie le statisme des MC’s qui se contentent de faire des va-et-vient un micro à la main : chez les Filles de Reykjavik, l’énergie est théâtrale, chorégraphiée, bordélique mais d’une efficacité redoutable. Elles ont retourné les Trans Musicales de Rennes, squatté les plus gros festivals européens, et ont même bien failli représenter leur île à l’Eurovision en 2022 avec leur banger Turn This Around.
Pourquoi on les écoute ? Parce que ça fait un bien fou d’entendre du rap qui n’a pas peur d’avoir des couilles, surtout quand il est fait par des meufs. C’est féministe, c’est piquant, ça ne s’excuse jamais d’exister et ça te donne envie de tout casser dans ton salon. Bref, de la saine lecture pour tes oreilles.




