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Ready player one de Steven Spielberg un gros gloubi boulga de culture pop un peu écoeurant…

samedi 31 mars 2018 - Commentaires : 2

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Depuis ma plus tendre enfance je suis bercé par la pop culture. Steven Spielberg (dit Tonton pour ses fanatiques), est le réel coupable de ma passion pour le cinéma et créateur d’une bonne dizaine de films tous plus merveilleux les uns que les autres. Cette année Tonton ne nous aura livré pas moins de deux longs métrages radicalement différents. Pentagone papers (que j’ai malheureusement raté et qui me donne foutrement envie au travers de son style film politico journalistique des 70’s) et l’adaptation du best seller de Ernest Cline Ready Player One.

Steven Spielberg, infatigable Tonton virtuel de mon enfance, ce génie qui d’une maestria sans pareil a su matérialiser les rêves de millions de gamins. Il a su faire rêver des millions de cinéphiles avec ses mises en scènes au cordeau, ses images composées par les plus grands directeurs photo de l’histoire du 7 ème art. Celui qui a de Sugarland Express, Duel, Jaws, les Indiana Jones, Rencontre du 3 ème type (un de mes films culte avec les deux que je vais citer après), E. T. Poltergeist (Co réalisé en sous main avec Tobe Hooper, l’Empire du soleil est certainement l’un des films les plus remarquable qu’il m’ait été donné de voir et qui d’une certaine façon amorçait tout doucement pour Spielberg la fin d’une certaine époque.) Je dirais plus précisément la fin de l’époque Amblin (sa propre firme qui estampilla nombre de productions emblématique des années 80), et le début d’un tournant majeur dans la carrière quasi vierge de films ratés de ce véritable dieu du cinéma.

Car quand Tonton rate un film c’est au pire Indiana Jones et le royaume des crânes de cristal, Hook ou le Bon gros géant et autant dire que si tout les mauvais films étaient de cet acabit ce serait formidable. C’est avec le magnifique et poignant la liste de Schindler que Tonton change véritablement de peau en effectuant une mue qui sera sa seconde vie de réalisateur. Un génie toujours, mais disons le moins enfantin, plus adulte et plus porté sur les films historiques. Il passe avec toujours autant d’aise d’un genre à l’autre avec des merveilles filmiques comme Munich, AI (un de ses plus grands films et aussi l’un de ses plus sombre), Lincoln, la guerre des mondes, et autres. Spielberg a marqué chaque décennie qu’il a professionnellement traversé. Les années 70 furent marquées par Rencontre du 3ème type, Duel ou Jaws. Les années 80 ce fut E.T., Indiana Jones, le mal aimé Always ou le sublime La couleur pourpre. Les 90’s ce fut Jurassic Park, il faut sauver le soldat Ryan. Les années 2000 ce fut AI, Minority report, arrête moi si tu peux, Munich. Et les années 10 nous ont offert le génial Tintin, et pas mal d’autres films disons le plus classique mais toujours maîtrisés de main de maître comme le pont des espions.

Cependant il est difficile pour les fans hardcore de la première heure de ne pas constater que la maturité de Spielberg a énormément éclipsé sa part de gamin rêveur qui nous emmenait avec lui contempler les étoiles sur sa bicyclette volante. Et pourtant, il semblerait que ce cher vieux Tonton Steven y soit retombé le temps d’un film. Que le geek binoclard qu’il a toujours été ait giclé de sa poitrine tel un chestburster nous éclaboussant au passage que dis je nous en gluant littéralement de Pop culture.

Ready player One nous conte notre potentiel avenir. En 2045 le monde n’est plus qu’un vaste dépottoir. Les humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel conçu par un génie excentrique James Halliday. Avant sa mort, Halliday a décidé de léguer son immense fortune à ses filles Jade et Joy (ah non je me trompe de sujet), à quiconque découvrira un easter egg numérique qu’il a dissimulé quelque part dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsque le jeune Wade Watts décide de participer à cette traque au trésor, il est plongé dans un monde virtuel aussi fou dont les dangers sont aussi dans le monde réel.

Une chose est certaine avec Ready Player One que nous appellerons RPO, Tonton s’est semble t’il fait plaisir. Il a comme je le disais retrouvé une part de son âme d’enfant. Il l’a même à mon sens un peu trop retrouvé, car là où il excellait a nous dépeindre des situations vécues au travers du regard des enfants comme dans E.T., L’empire du soleil etc… Ici c’est carrément au travers du regard d’un bambin de geek qui aurait eu un sacré accident de poussette. Car on ne peut pas dire que RPO brille par son intelligence et son originalité scénaristique. Certes son concept est précis et assez disons le opportuniste car il repose essentiellement sur l’amour que les geeks du monde entier portent à tout un pan du cinéma s’étalant de ses débuts à nos jours, des univers vidéos ludiques des 70’s à nos jours et de leurs protagonistes depuis devenus légendaires. Ainsi vous ne devrez pas être surpris d’apercevoir furtivement Tombe Raider aux côtés de la fabuleuse Plymouth Fury Christine de Carpenter, de voir Robocop, Shun Li de Street fighter, le géant de fer, et des milliers d’autres personnages iconiques. Ici ne sont bien entendu pas eux même au sens propre, mais juste des avatars choisis par les joueurs de la même façon que nous lorsque nous prenons un avatar sur Facebook.

Finalement et réalistiquement cela tient debout car ces joueurs, c’est nous transposés dans un futur loin d’être non plausible. Nous ne savons plus profiter de la vie, absurdement prisonnier de notre addiction aux réseaux sociaux qui alors qu’ils sont largement bien moins attrayants que ce que propose l’Oasis et ses possibilités infinies. Et de la même façon les gens y passent leur vie afin d’échapper à la banalité de leur quotidien. Un quotidien ici caricaturant notre mal être et notre ennui emprunt de la feignantise de découvrir notre monde matériel qui nous dégoutte chaque jour de plus en plus alors qu’il peut, si on y regarde de plus près révéler mille et unes merveilles. En écrivant ces lignes qui seront édités et partagés sur Facebook, je contribue à ce même carnaval égotique qui nous relie tous dans une même et certaine progression vers l’idiocratie, dont seul un Snake Plissken munie d’une télécommande capable d’éteindre le monde moderne.

En ceci Spielberg touche au but, car voir ces hordes de personnes avec un casque de réalité virtuelle vissé sur la tête en permanence semble un peu exagéré, alors qu’il y a encore 20 ans nous aurions ri si on nous avait dit que nous tiendrons tous et en permanence un rectangle électronique entre nos mains. Mais au final il effleure à peine la caricature. Sachant que dans RPO le message est principalement adressé aux jeunes générations. Car ne nous y trompons pas il ne s’agit absolument pas d’un film de SF et d’anticipation à la Minority Report avec des passages certes science fictionnels, mais qui pourraient parfois impressionner un enfant Non non RPO est un véritable film tout public, s’adressant au plus grand nombre au détriment d’une véritable analyse de fond quand à l’addition quasi toxicomaniaque dont 75 % d’entre nous sommes victime. Le chat va se mordre encore longtemps la queue avec ce sujet Nous avons des outils modernes merveilleux pour communiquer, mais certaines de leurs possibilités nous emprisonnent et nous empoisonnent de façon quasi inéluctable modelant nos cerveaux à un conformisme passif et créant des mouvements de foules virtuelles digne de certaines périodes inquisitrices. Parfois pour le meilleur parfois pour le pire.

En ceci mais dans des genres différents RPO n’est pas différent du formidable Idiocratie de Mike Judge. En effet, son sujet a déjà été traité et de façon parfois moins ronflant et plein la gueule avec le formidable et méconnu film cyberpunk italien Nirvana de Gabriel Salvatores qui lui aussi parlait à quelques nuances près de l’addiction aux technologies modernes. Il faut dire que rien ne nous avait préparé à Facebook donc il n’est pas impossible de voir d’ici 10 ans des secrétaires dans le RER changer d’air avec un casque VR en guise de têtière (amis de la poésie foireuse bonjour). Et il est vrai que qui ne se laisserait pas tomber dans un univers où il a la possibilité journalière de poser un placebo sur sa routine astreignante et souvent injuste.

Ici point de détails cradingues avec des cyber addicts déféquants dans des seaux vissés à leur arrière-train pour ne pas quitter le plate-forme de gaming. Point de passage montrant réellement les dégâts d’une telle cyber toxicomanie. Mais le film fonctionne. Même s’il sera dans une quinzaine d’années complètement démodé et kitchos pour les générations à venir à cause des références pop et geek qui y fourmillent. Personnellement bien que ce soit l’essence même du film je me serai bien passé de ce concept qui, s’il reste ultra réussi, ne m’empêche pas de lui préférer un monde totalement inventé avec des avatars uniques et non référentiels. Mais cela n’engage que moi et mes fixettes parfois assez crétines, butées et rabat joie. De plus dans la vrai vie, ce serait ce type d’avatars en relations avec notre culture qui seraient mis en avant.

Ses références reparlons en. En effet, elles sont pour certains un véritable cadeau pour les geeks qui ont 40 ans et plus aujourd’hui. Elles recyclent allègrement au travers de l’apparence des avatars les poncifs de plusieurs médiums ludiques C’est fort réjouissant pour celui qui n’est pas obtu sur certains détails à la limite du Trouble Obsessionnel Compulsif comme moi. Bien que j’ai a la maison une pièce entière consacrée aux produits dérivés. J’ai bien du mal à voir (même si je comprend le but et au final le souci de réalisme) certaines de mes icônes de toujours réduites à ce qu’elles sont au final de toutes façons : des éléments de culture populaire, de merchandising et de grosses franchises poussant au fétichisme et à une surconsommation. Attention loin de moi l’idée de renier ce dont je suis fait et ce qui constitue ma passion première. Et même si j’ai récemment bazardé tous mes tee-shirts geeks leur préférant des tee shirts neutre car à mon sens geek on l’est dans le cœur dans la tête.

Mais s’afficher en tant que tel alors qu’il y a encore quelques années, ils étaient traités de rejets, bizarres, nerds et hors normes, s’affichent à outrance à présent (ce qui n’est pas un mal non plus) mais qui pour certains confèrent parfois au risible. Le freak est devenu chic. Un peu à la façon des gothiques (dont j’ai aussi fait partie) qui se pavanent (pour certains) dans leurs atours parfois digne d’un cosplayer. Au passage ces derniers cités sont les cibles parfaites pour ce film qui semble être fait pour eux.

Ready Player One est à mon avis un peu comme le fut Pacific Rim premier du nom lors de sa sortie, un film qui nous re transporte dans notre chambre d’enfant, lorsque nous jouions avec nos bonshommes éparpillés sur la moquette et à qui on faisait vivre des aventures complètement dingues avec nos yeux d’enfants jusqu’à l’interruption au “à table” familiale. Et c’est en ça que ce film est intéressant, c’est un cadeau de Spielberg pour ces générations sevrées à ses productions, et aux suivantes qui ont été nourries d’OAV, de jeux vidéos et autres.

Si le monde virtuel est assez complet et n’est au final qu’un rollercoaster géant pour amateur de culture pop. Le monde réel, ici notre triste avenir est quand à lui trop peu exploité et de façon trop douceâtre. Les rapports entre les protagonistes de chair et de sang confinent parfois à la mièvrerie. En fait Spielberg sait traiter avec naiveté et douceur de certains sujets, mais toujours avec une certaine intelligence et une profondeur évidente comme lorsqu’il traite du divorce au travers du regard des enfants dans E.T, de la famille dans Poltergeist, ou du mal a vivre sa vie d’adulte au travers du personnage de Roy Neary interprété par le magistral Richard Dreyfus dans le fabuleux Rencontre du 3 eme type.

Ici Spielberg ne s’embarrasse pas de profondeur, les personnages sont un prétexte au grand spectacle et bien qu’ils soient fort sympathiques, ce sont tous des stéréotypes à pattes. Le méchant est très méchant, même si le toujours génial Ben Mendelsohn y est terrible en gros con dirigeant la société gérant l’Oasis. Mais les enjeux amoureux sont assez torchés et se limite à un traitement très enfantin.

Le monde décati est ici représenté au travers d’un gigantesque décors figurant le bas d’un immeuble de citée de banlieue tenant plus du bidonville constitué de caravanes empilées les unes sur les autres de façon foutraque au milieu d’une décharge. Et à part une ou deux rues façons zone industrielle bondée de figurants portants quasiment tous des lunettes VR, on ne voit que trop peu cet univers et ses travers. Alors que dans le film Elysium de Neil Blomkamp le monde dépérissant était fort bien retranscrit, pourrissant et bien sale à l’image de ses habitants. Une introduction plus précise à ce monde qui étouffe et à son allure, à ses habitants, pauvres, riches et autre aurait été vraiment plus intéressante plutôt que de n’y consacrer que trois minutes au début. Quelques minutes certes sympa, cocasses et graphiques, mais trop imprécises quand au côté sordide des humains. Bon je le rappelle, on est chez Spielberg et il cherche juste ici à offrir ce a quoi il a durant près de 50 ans contribué à magnifier, l’entertainement, le grand spectacle et surtout ici un spectacle de qualité pour la famille.

Et de ce côté on ne peut nier que le spectacle est cette convenu mais totale. Malgré tout je m’y suis assez ennuyé, n’étant pas vraiment sensible au délire référentiel qui me gavait plus que tout. Certes l’humour référentiel y est sympathique, gentillet et loin d’être emprunt de cynisme comme presque tout ce qui se fait en cette seconde décennie du 21 ème siècle. Les effets spéciaux sont efficaces mais étant donné que l’oasis est un monde virtuel, il n’y a pas un besoin impératif qu’il soit trop réaliste. L’avatar du héros est très typé Manga et ressemble assez au héros du jeu Devil May Cry ce qui a eu aussi une grande tendance à m’énerver. Les péripéties des protagonistes sont convenues dans la structure et la narration. Les personnages très peu  attachants à part peu être les deux personnages féminins de la bande de héros. Le casting est solide on y retrouve notamment l’indéniable roi des geeks Simon Pegg. La photo léchée mais sans plus si on les comparent aux tours de forces de certains des chefs d’œuvre du maître alors qu’elle est gérée par le pourtant toujours brillant Janus Kaminski chef op perso de Tonton depuis un grand nombre d’années. Et la partition d’Alain Silvestri est certes efficace, mais loin d’être mémorable, bande original qui recycle allègrement et à raison ses propres travaux cultes dont la légendaire partition de Retour vers le futur dont une flopée d’éléments sont présents dans l’Oasis.

Alors c’est certain on nage depuis quelques temps en pleine mode référentielle 80’s, perso cette tendance ne me déplait pas vu que moi je n’ai jamais réussi à décoller de cette époque. Mais là ça commence a être un peu trop en ce moment. Et le gavage se fait sentir et inutile de le dire RPO est un peu comparable à du vomi référentiel pour geek.  Trop de références et trop de geekitude tue le geek. Et même si le film est sympathique par moment, la plus belle chose pour moi au sujet de ce film, c’est son affiche magnifique par le génial Drew Struzan.

Ready Player One n’est à mes yeux certainement pas le meilleur film de son réalisateur. Mais il reste un excellent spectacle pour enfants et un beau coup de chapeau aux amoureux de la Pop Culture. Un film que cependant je déconseille fortement de voir en 3D tant il en devient vomitif et pousse à l’épilepsie sur certaines séquences. Mais il a fortement ses chances au trône de potentiel futur Jurassic Park pour les nouveaux fans (peu exigeants) du réalisateur. Cependant il est intéressant et surtout ludique de s’amuser à repérer les moindres easter eggs cachés ou pas un peu partout dans l’Oasis. A ce titre et uniquement a ce titre RPO vaut le coup d’être vu plusieurs fois.  Sinon personnellement à la sortie du cinéma j’avais plus envie de faire sauter une convention de cosplayeur que d’aller le revoir au risque de finir à l’hosto pour trop plein d’infos dans mon petit cerveau.

Ready Player One est ainsi une sorte de pizza de chez Pizza Hut mélangeant, bananes, porc, anchois, ketchup, crème fraiche, moutarde, frite et le tout arrosée de Coca zéro pour se donner bonne conscience. 

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