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Howard : le génie derrière les oreilles de Mickey

jeudi 20 août 2020 - Commentaire : 0

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Un documentaire inédit retrace la courte carrière du parolier Howard Ashman, mort du sida à 40 ans. Sa contribution, fondamentale dans la renaissance des studios d’animation Disney, se révèle encore aujourd’hui riche d’enseignements.

L’avantage d’être né dans les années 80, en plus d’avoir connu les Pogs et Hugo Délire, c’est de se souvenir du Disney de Noël, qu’on attendait fébrilement chaque année au ciné. C’était la grande époque, celle où le studio enchaînait les réussites critiques et publiques avec de l’animation 2D “à l’ancienne”, et qui a duré grosso modo jusqu’à la fin des années 90 (perso, je fais durer jusqu’à 2001 et Kuzco l’empereur mégalo).

Mais le studio revient de loin et l’un des enseignements du docu Howard disponible sur Disney+ est qu’il ne faut jamais se déclarer battu d’avance. Au mi-temps des années 80, Disney Animation est au plus bas : Walt Disney est mort depuis 20 ans et personne n’a su prendre sa relève. La tentative fantasy Taram et le chaudron magique, peut-être trop en avance sur son temps, est un four monumental et ses animateurs se retrouvent relégués dans des préfabriqués de la banlieue de Los Angeles. C’est ici que débarque Howard Ashman, parolier ayant connu un certain succès, mais dont le dernier show sur Broadway a été un bide complet.

www.disneyphile.fr

Il est gay, pince-sans-rire, très érudit, il n’a a priori rien à faire ici et pourtant il va changer le style Disney et le lancer dans un âge d’or inédit. Petit résumé de la méthode Howard en 3 points :

N’ayez pas peur du grotesque

Le plus gros succès d’Howard jusqu’alors s’appelle La Petite Boutique des Horreurs. Cette adaptation très libre d’une série B des années 60 mélange chansons pop et fleur carnivore géante assoiffée de sang. Personne n’y croyait, et pourtant vous l’aurez deviné : le show est un carton et se voit adapté au cinéma en 1986. Howard est nommé pour l’Oscar de la meilleure chanson : il emmène avec lui son compositeur Alan Menken et les deux commencent à travailler sur La Petite Sirène. Si la facture du film est d’apparence classique, on reconnaît la patte Howard dans le personnage du crabe Sébastien (avec son accent jamaïcain) et de la méchante Ursula (la femme-pieuvre dont l’allure est inspirée de la drag-queen Divine).

Le méchant n’est pas toujours celui qu’on croit

Après le succès de La Petite Sirène, Howard & Alan enchaînent sur La Belle et la Bête, un projet complexe déjà commencé au temps de Walt. Leur approche est à la fois un hommage fou au musical (avec une introduction de 5 minutes entièrement chantée) et une subversion du grand méchant que l’on rencontre habituellement dans les contes. Le personnage de Gaston n’est pas fondamentalement mauvais, il n’a pas de rêve de grandeur démesuré, mais c’est son assurance arrogante et surtout le soutien de tout un village qui en font un danger pour l’amour et l’honnêteté. Dans “Tuons la Bête”, impossible de ne pas imaginer le combat de Howard contre la maladie et la société qui le traite en pestiféré.

(Villageois:)
L’inconnu nous effraie, l’imprévu nous terrorise
Et cette chose mystérieuse nous inquiète
Compagnons, à vos armes !

Exprimez vos désirs : la chanson “I Want”

Howard décède en mars 1991, avant de voir le montage final de La Belle et la Bête et son succès phénoménal : c’est le premier film d’animation jamais nommé à l’Oscar du meilleur film (il perdra face au Silence des Agneaux, un film d’un tout autre genre !). Il aura quand même eu le temps d’écrire toute la trame musicale d’Aladdin. Un film enjoué, auto-parodique, qui ouvrira la voie à Shrek et compagnie. Mais derrière les blagues, à peine voilé par le rythme trépidant, se trouve le coeur battant du film : quelqu’un qui ne correspond pas à ce qu’on attend de lui et qui chante l’espoir qu’il y a mieux, quelque part. Pris dans sa folie des remakes, Disney a évidemment jugé bon de garder les chansons d’Howard telles quelles. Mais pour ce que je montre à mes enfants, soyez-en sûrs : ils regardent les films originaux, pas les nouveaux.

“Howard” et tous les films animés mentionnés dans cet article sont disponibles sur Disney+.

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