Le gif a 25 ans. Souhaitons lui un très joyeux anniversaire en regardant cette vidéo retraçant son histoire.
Il a survécu à l’âge d’or des modems 56k, aux bannières clignotantes de Geocities, à la mort de Flash et à l’avènement des réseaux sociaux modernisés. Le GIF (Graphics Interchange Format) fête ses 25 ans d’existence. Un quart de siècle à tourner en boucle sur nos écrans pour traduire nos émotions, nos fous rires et nos pires sarcasmes en quelques images compressées.
Créé en 1987 par Steve Wilhite chez Compuserve, ce petit fichier n’était au départ qu’un moyen technique astucieux pour échanger des images en couleur sans exploser les bandes passantes riquiquis de l’époque. Personne n’imaginait alors que ce format allait devenir le langage universel d’Internet, squattant aussi bien les forums de geeks que nos conversations WhatsApp quotidiennes.
Dans les années 90, le GIF servait surtout à afficher des panneaux « En construction » jaune fluo ou des bébés dansants sur des sites Web 1.0 au goût douteux. Avec l’arrivée de plateformes comme Tumblr, Reddit puis Giphy, le format a connu une seconde jeunesse spectaculaire. Il s’est affranchi de son statut de simple image animée pour devenir un composant essentiel de la pop culture numérique.
Capables de résumer une réaction complexe en deux secondes de vidéo sacaccadée, les GIF extraits de films, de séries ou de pannes télévisuelles sont devenus les briques de base du mème moderne. Une forme d’art populaire, rapide, absurde et instantanément compréhensible aux quatre coins du globe.
Impossible de fêter cet anniversaire sans rouvrir l’éternel serpent de mer qui divise les internautes depuis plus de deux décennies : comment dit-on « GIF » ?
D’un côté, les tenants du « GUIF » avec un G dur, brandissant le fait que l’acronyme signifie Graphics Interchange Format. De l’autre, les partisans du « JIF », menés par l’inventeur du concept lui-même, Steve Wilhite, qui a répété à maintes reprises que la seule vraie prononciation originale était avec un J doux (comme la marque de beurre de cacahuète américaine).
D’un point de vue purement pragmatique, le choix du « JIF » s’impose par sa fluidité et sa beauté à l’oral. Mais soyons réalistes : ce débat linguistique est gravé dans le marbre d’Internet. Il continuera d’animer les chaumières, les forums et les apéros au même titre que la guerre sainte entre la chocolatine et le pain au chocolat.
Qu’on le prononce avec un G dur ou un J mou, une chose est sûre : à 25 ans, le GIF n’a pas pris une ride et continue de faire tourner le web en boucle.



