AB-Soul, des cendres naît la beauté.

Après l’excellent « Herbert » en décembre 2022, AB-Soul, un des meilleurs potes de Kendrick et Schoolboy Q revient.

Les oreilles les plus affutées auront reconnues, dès les premières secondes, l’intro acapella par la fabuleuse Caron Wheeler du « Back to Life » des Soul II Soul, en loop. Un « Steady are you ready » en protase des quatorze prochains titres où l’artiste se pose beaucoup de questions sur lui et ce qui l’entoure.

Le refrain « However do you want me » des Soul II Soul au ralenti, illustre bien cette sensation de syndrome de l’imposteur mêlée à une immense envie d’être en paix que semble éprouver Herbert Anthony Stevens IV – c’est son vrai blase – à travers son oeuvre.

Avec à chaque fois des samples qualitatifs et des textes qui le sont tout autant, il fait partie de cette lignée de rappeurs qui n’a pas peur de mettre sa vulnérabilité sur la table comme d’autres posent leurs guns ou le string d’une pouffe de piscine – pardon, hip hop honey ou video vixen. Et redonnent leurs lettres de noblesse au rap.

Il faut dire que depuis ses dix ans, il souffre du syndrome de Stevens-Johnsons, une maladie dermatologique du système immunitaire qui lui cause des éruptions cutanées voire des nécroses de peau sur tout le corps (je déconseille fortement aux plus sensibles d’aller chercher des images sur Google). Bref, une saloperie potentiellement mortelle et dont la guérison semble ne pas être assurée, il y a de quoi affecter même le plus balèze du quartier !.

Le spectre de la grande faucheuse était déjà présent dans le précédent album, suite au suicide de sa petite amie et au décès de son ami Mac Miller, celui-ci s’attelle également à rendre un hommage post mortem, cette fois à Doe Burger, son meilleur ami d’enfance (d’où le titre « Soul Burger »).

Si les sujets moroses venant d’être brièvement exposés ne vous ont pas encore fait changer de page, alors je vous invite à écouter non pas cet album uniquement mais toute la discographie d’AB Soul, surtout si vous aimez le Counscious hip hop à la sauce West Coast et les textes beaux et intelligents.

Je vous laisse avec certains de mes préférés. « California Dream » avec la participation de Vince Staples et son ambiance cinématographique, issu donc de « Burger Soul ».

De « Herbert », parce qu’il reste mon album préféré de lui, l’obsédant et magnifique « Do Better »

… et « Bucket » et son incroyable trouvaille de jazz polonais des années 60/70 (qui m’a bluffée parce que je m’attendais à une provenance de l’âge d’or du cinéma d’art martiaux chinois) !.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *