Et si le mini-golf était le meilleur endroit pour explorer les failles humaines, les rendez-vous ratés, les sacrifices familiaux ou les grands choix de vie ? Avec Au fond du trou, la nouvelle série courte et décalée d’Arte, Maxime Chamoux et Sylvain Gouverneur transforment un après-midi d’été sur un green en petit théâtre burlesque de l’absurde.
Le pitch est aussi simple que déroutant : six épisodes d’une quinzaine de minutes, six situations, une douzaine de personnages paumés mais attachants, tous coincés sur le même terrain de mini-golf à Coudekerque-Branche. L’idée ? Faire d’un lieu anodin et souvent associé à l’ennui du dimanche en famille, un espace de révélations, de rendez-vous déconcertants et de joutes existentielles molles comme si l’humain se révelait autour d’un Birdie (oui je sais ce que c’est, j’ai Wii Sports).
Du Beckett en polo Lacoste
Au fond du trou cultive une absurdité douce, jamais gratuite. Le décor reste le même, les clubs changent de main, mais les situations rivalisent de non-sens poétique :
– Faïza, en entretien d’embauche, s’enlise dans les questions étranges d’un recruteur qui a choisi le mini-golf pour jauger ses compétences sociales.
– Anouk et Cécile, deux sœurs, décident que celle qui fera le meilleur score donnera un rein à leur frère. Oui, un rein.
– Marc et Chacha achèvent leur Tour de France des mini-golfs face à un interviewer dépassé par leur enthousiasme lunaire.
– Gautier, en rencard avec Claire, doit supporter les remarques lucides (et un peu vénères) d’Alain, 11 ans, le fils de sa date.
Il y a du Platonov chez Decathlon dans cette série. Du Beckett sous un soleil de juillet, entre les cris d’un gamin qui a raté son trou numéro 5 et les vannes perdues dans le vent. On rit, souvent. On grimace parfois. Et surtout, on s’attache à ces losers magnifiques qui, club à la main, cherchent vaguement un sens à leur parcours.
C’est court, c’est punchy, c’est un petit bijou de comédie contemporaine qui évoque autant En thérapie que Les Deschiens, avec un humour pince-sans-rire qui fait mouche. La série est courte et se fait en une heure et quelques. Elle est sur Arte.tv jusqu’en 2028.