Squid embrase les braises post-punk avec « The Hearth and Circle Round Fire »

Les fans de sons anguleux, de lignes de basse rampant comme des reptiles agités, et de déflagrations sonores incontrôlables peuvent se réjouir : Squid vient de balancer un nouveau single, et comme souvent avec eux, c’est une claque. « The Hearth and Circle Round Fire » (ou comment transformer un foyer chaleureux en rite tribal déviant avec des voisins chelou) est une piste inédite enregistrée pendant les sessions de leur EXCELLENT dernier album Cowards, sorti en février dernier chez Warp.

« The Hearth and Circle Round Fire », un exorcisme collectif punk avec des cuivres à l’intérieur

On pourrait croire à un simple rejeton oublié, une B-side lâchée pour les puristes. Que nenni. Ce morceau est une bête à deux têtes : d’un côté, une urgence punk dégoupillée, de l’autre, un monstre tentaculaire déconstruit, réassemblé façon Frankenstein sonore. Ollie Judge (chanteur-batteur et homme-orchestre de la névrose moderne) confie que la chanson est née dans la précipitation, avant que le groupe ne la tire vers l’abstraction avec une jam session de 15 minutes, histoire de bien tordre la structure et casser les hanches de l’auditeur.

Résultat : un titre qui crépite, qui halète, qui danse au bord du gouffre. Fidèle à leur ADN, Squid refuse les lignes droites. Ici, ça bifurque, ça explose, ça revient comme un boomerang en feu.

Si Cowards s’avérait déjà dense, poisseux, traversé par des thématiques comme l’ennui climatisé de notre époque et la banalité du mal, ce nouveau morceau pourrait presque servir de rituel d’exorcisme collectif.

« ‘The Hearth And Circle Round Fire’ est à l’origine un morceau punk composé assez rapidement. Mais cette facilité nous a laissés sur notre faim. On a donc décidé de l’étirer en une jam de 15 minutes, de le déconstruire puis de le reconstruire à notre manière. Les paroles puisent leur inspiration dans les univers dystopiques de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et de They de Kay Dick, où la censure et la propagande écrasent les individus, ne laissant place qu’à une poignée de résistants. » Ollie Judge

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