Y’a un pub, quelque part entre Hull et Manchester. Il est 22h47. T’as déjà trois pintes dans le cornet, et tu viens de te faire recaler par la meuf en Doc Martens que tu matais depuis une demi-heure. Et là, sur scène, quatre types montent, guitare en bandoulière, sourire en coin, et commencent à scander :
“I’m the best looking man in the pub, and I look like shit.”
Bienvenue dans le monde d’Even Fred’s Happy.
Even Fred’s Happy, un nom de groupe comme une blague de comptoir
D’abord, ce nom. Even Fred’s Happy. C’est pas une promesse, c’est une énigme. Un espoir, peut-être. Tu sais pas qui est Fred, mais s’il est heureux, alors peut-être que toi aussi tu peux l’être, malgré les lumières néon pourries, la moquette marron et l’amertume d’une IPA tiède (et c’est pas bon une IPA tiède).
Leur son ? Du post-punk lo-fi chanté-parlé, sauce british, avec un humour sec comme un gin tonic oublié sur un radiateur. C’est intelligent sans être chiant, provoc sans être poseur, un peu comme si Mark E. Smith avait fait un stage chez les Wet Leg.
Leur tube ? Un hymne pour les marginaux
The Best Looking Man In The Pub, c’est le récit d’un loser magnifique, celui qu’on croise tous les soirs de semaine dans n’importe quel rade : il a perdu ses cheveux, ses rêves, ses potes, mais il est là, il tient debout, et il te regarde droit dans les yeux (On va l’appeler Tony). Et tu sais quoi ? Il a peut-être raison. Peut-être qu’il est le plus beau, ce soir.
La prod est crado, la voix est nasillarde, et pourtant t’écoutes en boucle parce que c’est trop vrai, trop drôle, trop bien vu. C’est crade, c’est classe, c’est culte et c’est surtout ultra dansant (même sans avoir bu trois pintes, crois-moi.